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samedi 12 avril 2008

Temps d'arrêt

Nous sommes à la mi-avril et je n’ai pas encore fait ma demande d’admission à l’université, tout simplement parce que je ne sais pas dans quel programme je veux m’inscrire. J’hésite. Et je réfléchis. J’ai demandé conseil à la directrice du certificat que je viens de terminer et à un de mes anciens professeurs. J’attends leurs commentaires.

Ne pas poursuivre, du moins pour le moment, libérerait du temps pour faire autre chose. Je pourrais m’inscrire à des ateliers de perfectionnement, offerts par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, ou à ceux de la Fédération du loisir littéraire, qui sont fort intéressants. Je pourrais aussi chercher des petits contrats de correction, pour prendre de l’expérience. Je pourrais… bien des choses.

Mais rien de tout cela ne sera fait avant septembre, de toute façon. Si je m’inscris à l’UQAM, ce sera pour quelques cours seulement, pas pour un autre certificat. Donc, c’est à suivre.

Là, je pense à notre voyage à Cuba en mai, à la fin de semaine à New York en juin et à mon déménagement en juillet. C’est bien assez.

Et j’ai ce malaise inexpliqué qui m’inquiète. Une petite douleur au côté droit qui persiste, mais qui heureusement s’atténue de jour en jour. J’ai vu un médecin en salle d’urgence et l’examen n’a rien révélé d’inquiétant. Il m’a toutefois recommandé de passer une échographie. J’ai rendez-vous dans dix jours, dans une clinique privée. Je n’attendrai pas trois mois et le coût de l’examen sera remboursé par mon assurance. Peut-être mon corps réagit-il à l’arrêt du Dépo Provera? Je ne sais pas encore si je suis ménopausée. Finalement, j’aurai peut-être mes règles dans quelques jours et tout rentrera dans l’ordre.

Le corps des femmes est bien compliqué!

samedi 29 mars 2008

Avancer

Mon article est terminé. Les quatre copies sont bien emballées et prêtes à livrer dans une enveloppe plastique. J’ai survécu. L’expérience avec ma tutrice a été des plus enrichissantes. Je craignais que le contact soit difficile à établir. Ce fut tout le contraire. De même que les personnes que j’ai interviewées, avec qui j’ai eu des échanges d’une grande richesse, elle a été généreuse, attentive, disponible. La gentillesse de certains humains me réconcilie avec la vie.

Les gens qui ont voyagé ont ce quelque chose de plus qui ne ressemble à rien d’autre. L’écoute, le partage, la compassion, la tolérance, sont des traits communs à ceux qui sont sortis de leur petit cocon de confort bien protégé. En Bolivie, j’ai entendu des coups de feu alors que je dormais dans une petite chambre d’hôtel de la capitale. Au Nicaragua, j’ai vu les trous que les balles ont faits dans les murs des maisons. J’ai pu imaginer ce que les gens ont vécu. La pauvreté, j’ai compris ce que c’était quand j’ai vu des enfants affamés venir terminer les restes de nos assiettes, laissés pour eux, dans les restaurants où nous mangions sous leurs regards implorants. Leurs petites mains tendus vers nous, leurs visages crasseux, leurs pieds nus et leurs vêtements déchirés forment des images imprimées à tout jamais dans ma mémoire.

Bref, je me suis plongée dans un sujet qui m’a ramenée à quelque chose d’important dans la vie. Regarder autour, voir plus loin, cesser de ne penser qu’à soi. Vivre autrement.

Parce qu’il y a bien des manières de vivre. Celle que la plupart des gens choisissent suit le courant, sans trop s’éloigner de ce que les autres ont fait avant. Une sorte de chemin tracé d’avance, avec plus ou moins de détours et de circonvolutions. Jadis, les parents transmettaient à leurs enfants la terre, la tradition, leur métier, leur maison, leur destin. Dans certaines cultures, il existe encore cette forme de déterminisme qui empêche les enfants de décider de leur propre sort. Petit à petit, la tendance s’efface et l’on voit de moins en moins d’enfants qui prennent le relais d’entreprise familiale ou qui deviennent médecin ou boulanger parce que leur père est médecin ou boulanger. Ce qui a pour effet que certains métiers sont en train de disparaître.

Bon, je m’égare. Mais tout se tient n’est-ce pas? Quelque part, je pense à ma sœur et son mari qui ont bâti leur entreprise et qui, aujourd’hui, sont un peu fatigués. Ni l’un ni l’autre de leurs fils ne prendra la relève, c’est certain. Alors, quand ils prendront leur retraite, l’entreprise disparaîtra.

Nous allons signer notre bail demain. Le choix s’est fait rapidement. J’espère que ce sera le bon. L’endroit conviendra parfaitement si ma fille est acceptée au premier tour, au cégep où elle a fait une demande d’admission. Croisons-nous les doigts.

Le quartier de la grande ville que nous avons choisi ressemble un peu à la banlieue, loin du centre, plus près de la nature. Pas d’entrepôt ni d’industrie dans le coin. De belles promenades à faire dans un parc tout près. Un balcon pour y déjeuner le matin, au soleil. Ma fille, mon chum, mon bonheur tout simple.

Je dois maintenant penser à emballer tout le reste. Tout ce que je ne peux pas porter uniquement de la nature ou même faire un petit voyage pour combler nos envies de sortir de notre petit cocon confortable… dans mon cœur, tout ce que je devrai apporter avec moi, comme un lourd bagage qui devrait s’alléger dans les prochaines années. Parce que nous comptons bien, dans pas trop longtemps, nous rapprocher

Le but, c’est d’avancer.

samedi 8 mars 2008

Encore du blanc

Oui, oui, encore de la neige. Les rues rétrécissent, les montagnes de neige soufflée sur les terrains vont finir par faire disparaître les maisons. On aura bientôt l’impression de vivre dans un monde tout blanc, tout blanc.

Ce matin, cours de musculation assez intense. Le prof nous a fait suer, c’est le cas de le dire. Les encouragements qu’il scandait ont suffi à motiver le groupe suffisamment pour que personne n’abandonne avant la fin des exercices. « Belle endurance » répétait-il en augmentant la cadence. Je sens que mes muscles me feront souffrir demain.

Pas grave. Je suis en vacances. Je rencontre ma tutrice mercredi. Ça ne me laissera que deux jours de ces vacances pour travailler intensivement sur mon article. Pour corriger les problèmes de structure qu’elle m’a déjà signalés. Je sais que je n’ai pas l’esprit journalistique quand j’écris. Je n’arrive pas à penser à l’envers. D’ailleurs, quand je lis un article dans une revue ou un journal, je lis d’abord le chapeau (les premières lignes qui, en général, résument l’article) et ensuite je lis la fin. Si ces deux parties m’intéressent, je remonte au début. J’écris donc comme je lis. Je commence par la fin et ce n’est pas une très bonne idée à ce qu’on m’a dit.

Bon, heureusement, avec la fonction « copier-coller » du logiciel de traitement de texte il suffit de modifier l’ordre des paragraphes et le tour est joué. Néanmoins, je suis maintenant assez convaincue de ne pas avoir envie d’écrire sur commande, encore moins de le faire dans un cadre rigide qui exclut ma créativité. C’est pourquoi la grande liberté dont je jouis en écrivant ici et sur mon autre blogue me procure une grande satisfaction.

Puisqu’il faut terminer ce que j’ai commencé, je vais travailler sans relâche pour satisfaire les exigences du comité de lecture qui jugera de la qualité de mon travail. Je les connais toutes, ces dames à l’œil acéré et au crayon rouge assassin. Elles me font un peu peur, je l’avoue.

J’ai beaucoup à faire, mais je tenterai d’écrire ici un peu plus souvent. Parce que ça me fait le plus grand bien.

J’ai constaté que le service que j’utilise, pour aviser les quelques personnes qui y sont inscrites des mises à jour de ce site, ne fonctionne pas très bien. Ou pas du tout ? Bref, si vous souhaitez recevoir un avis de mise à jour, envoyez-moi votre adresse de courriel ici et je vous aviserai, c’est promis.

dimanche 2 mars 2008

Un peu de gris, un peu de bleu

La convalescence de mon patron s’est prolongée d’une semaine, chevauchant la semaine du départ en vacances d’une collègue. Je me suis donc retrouvée encore une fois avec de multiples tâches à accomplir et toujours que deux mains et une tête pour le faire. Mais heureusement, deux mains efficaces et un esprit clair. J’ai découvert les vertus du ginseng pour tuer le rhume (on dit souvent la grippe, à tort, car il s’agissait bien d’un petit rhume et non d’une vilaine grippe) qui tentait de m’assaillir il y a quelques semaines. Je me suis sentie tellement bien que j’ai décidé d’adopter ce supplément pendant l’hiver. Et je me sens mieux. Meilleure concentration surtout.

Je termine la première version de mon article. Je suppose que c’est normal de ne pas vouloir y toucher pendant un certain temps. Je l’enverrai donc à ma tutrice et j’attendrai patiemment ses commentaires. Je me connais, je ne résisterai pas longtemps à l’envie d’entrer en période de réécriture. Surtout que j’ai planifié mes vacances pour avoir le temps de le faire. Je ne veux pas traîner trop longtemps et je compte bien finir cet article quelques jours avant l’échéance. Je pense que je me sentirai soulagée. Je profiterai de ce précieux temps libre pour chercher un logement.

Terminer mon certificat me réjouit et m’attriste à la fois. Plusieurs cours au programme m’aurait intéressée. On ne peut pas les choisir tous. Je me demande si je peux m’inscrire quand même, en utilisant ces crédits pour compléter un autre certificat. Je m’informerai auprès de la directrice du département. Je verrai bien. Il y un autre programme qui m’intéresse dans une autre université, mais j’ai peur que ce soit redondant. Je ne veux pas perdre mon temps. Je verrai ça aussi.

Chose certaine, il faut que je demeure active. Depuis cinq ans, mon intellect est continuellement sollicité et je ne veux pas que ça s’arrête. J’ai besoin de cette stimulation. Elle me fait le plus grand bien.

Autour de moi les gens continuent à me décevoir. Je ne sais pas trop pourquoi. J’ai l’impression que les uns s’engouffrent dans des situations problématiques sans aucune volonté de s’en sortir, et continuent à se plaindre comme si c’était la faute des autres. D’autres retiennent leur souffle jusqu’à qu’ils trouvent l’occasion de cracher leur venin. Et font semblant d’être gentils et d’aimer tout le monde alors qu’ils sont mauvais et qu’ils jugent et condamnent cruellement. La situation sur la route est le reflet de ces comportements totalement dénoués de respect et empreints d’un égoïsme qui frôle l’irresponsabilité. Égoïsme tant prôné par les publicités qui encouragent tout le monde à ne penser qu’à soi. Moi Moi Moi et re-Moi. Ouf! Même un arrêt obligatoire à l’air de contrarier ces individus qui refusent de laisser un centimètre de place à l’autre. Faut-il toujours céder ?

Je pense que j’ai besoin de vacances…

Ma fille se remet de sa déception amoureuse. Elle a retrouvé ses amies et un rythme de vie plus actif. Elle change beaucoup, mais refuse de l’admettre. C’est peut-être sa façon à elle de se protéger. Mais je sais que ce garçon l’empêchait, d’une certaine manière, de s’épanouir. Je ne pourrai jamais la blâmer d’être une amoureuse sincère et passionné. D’ailleurs, le jeune homme continue de lui courir après et il finira peut-être bien par la rattraper. Son attachement pour lui sautait aux yeux, même s’il semblait contraire à toute logique. Aujourd’hui, elle regarde ailleurs. Plus loin. J’espère qu’elle ne reculera pas.

Mais de ça aussi je ne pourrais la blâmer. J’ai mis plusieurs années à me détacher complètement de celui qui fut mon premier amour. Nous avons joué au yo-yo jusqu’à ce que le fil finisse pas s’user totalement. Je pense que c’était une manière de souffrir un peu moins, mais je n’en suis pas totalement convaincue.

Hier soir, j’ai assisté à la projection d’un documentaire sur le voyage autour du monde d’une famille. Les quatre membres de l’équipage étaient présents. Raconter cinq années de navigation à bord d’un voilier en si peu de temps se résume, malheureusement, à quelques anecdotes et un itinéraire tracés sur une carte. La beauté des paysages, l’intensité des liens noués, les moments magiques vécus par les enfants ont été racontés et illustrés avec passion. J’étais ravie de rencontrer ces gens que j’avais déjà contactés pour mon article. Leur expérience est très inspirante. Vivre de longues journées en mer à naviguer au gré du vent semble apporter une grande paix intérieure et une confiance en la vie. C’est enviable non ?

dimanche 3 février 2008

Voyagement

Plongée dans les récits de voyage des autres (pour mon travail universitaire), je pense au prochain voyage que je ferai : mon déménagement. Mon copain, déjà contacté par son propriétaire pour le renouvellement de son bail, m’interroge du regard comme pour se convaincre que notre décision est solide : nous allons vivre ensemble. Pour moi, il n’y a aucun doute que je quitterai cet appartement, où je ne peux plus supporter l’obscurité et le bruit : les pleurs des bébés presque toutes les nuits, les cris des parents qui s’engueulent dans une langue que j’ai le bonheur de ne pas comprendre et les pas des voisins d’en haut qui résonnent à l’heure du coucher. J’ai envie de silence, de lumière et de paix.

Je comprends son inquiétude. Nous avions convenu, depuis quelques années déjà, que vivre ensemble n’était pas nécessaire pour être unis. Et je le pense encore. Notre relation a mûri, et au fil des ans nous avons changé beaucoup. Et si nous sommes demeurés ensemble, c’est peut-être aussi parce que nous avons évité d’établir cette routine dès le départ. Aujourd’hui, je me dis que nous sommes suffisamment matures pour éviter les pièges de l’abrutissement. Nous sommes des êtres autonomes.

C’est cette même autonomie que je retrouve dans mes lectures, chez les enfants qui, avec leur famille, font le tour du monde. Ce sujet passionnant, que j’ai choisi de traiter dans un article que je produirai comme travail pour terminer mon certificat, n’a pas encore fini de m’étonner. Les voyageurs sont définitivement des êtres qui font preuve d’une ouverture d’esprit hors du commun. Et leurs enfants deviennent des adultes d’exception.

Bien sûr, tous les enfants n’ont pas la chance de faire le tour du monde. Ceux qui l’ont devraient se donner pour mission de partager avec les autres ce qu’ils ont appris et ce qu’ils retiennent de cette fabuleuse aventure. Au retour, certains adultes ont de la difficulté à s’adapter à « la vie normale ». Les enfants, eux, reprennent plus facilement là où ils ont laissé.

C’est dans cette capacité d’adaptation que nous devrons puiser, mon copain et moi, pour bien vivre ce changement que nous vivrons bientôt. À l’exemple de ma fille, qui n’a jamais rouspété au cours des nombreux déménagements de son père et qui ne m’a jamais reproché d’avoir gardé le même appartement pendant tant d’années. Entre les deux, elle a trouvé son équilibre. Bientôt, ce sera elle qui mettra les voiles.

dimanche 13 janvier 2008

Plonger dans une belle aventure

Je dois trouver un sujet pour la rédaction d’un article, dans le cadre du dernier cours qui me permettra de décrocher, enfin, mon certificat. Ces études entreprises il y a cinq ans m’ont apporté énormément. D’abord, la confiance en moi et en mes capacités, ensuite, une plus grande ouverture d’esprit et un meilleur jugement. J’ai toujours eu l’esprit critique. Aujourd’hui, je sais qu’on ne peut pas affirmer sans s’appuyer sur des arguments solides. Sinon, à quoi bon? En parlant de son père, Marie Laberge racontait que cet homme lui avait enseigné, justement, à ne jamais parler sans savoir. Je pense que c’est une belle leçon.

Ma fille doit, elle aussi, préparer un travail pour son cours de français. Elle a choisi le difficile sujet de la médiatisation des événements entourant les tueries dans les écoles. Elle a peur de ne pas être à la hauteur. Je l’encourage et lui suggère des pistes. Elle aussi, au fond, a besoin d’accumuler les réussites pour regagner la confiance en elle qu’elle a perdue un peu. Les déceptions amoureuses ont cette manie de nous faire sentir si petite. Et pourtant. Je prie aujourd’hui pour qu’elle rencontre un garçon digne de ses aspirations, qui saura l’aimer et la respecter.

Elle arrive petit à petit à surmonter sa peine. Les larmes et la colère ont dominé ces deux dernières semaines. Je suis un peu soulagée de passer le relais à son père. Lui, n’a pas ces excès de sensibilité qui me font souffrir et qui créent, malgré moi, des angoisses qui m’empoisonnent la vie. Je finirai bien par guérir. Je sais que je n’y arriverai pas seule. J’ai besoin de l’aide de ceux qui m’aiment.

Je dois donc me plonger dans un travail intense qui durera encore quelques mois. Au printemps, j’aurai terminé. Je m’accorderai une semaine de vacances pour me consacrer entièrement à cet article, que je souhaite terminer assez tôt. Pour avoir le temps de le laisser dormir quelques jours, et ensuite y revenir pour effectuer les dernières corrections. Je serai supervisée par un tuteur dont j’attends la confirmation – une chance exceptionnelle, a-t-on souligné au premier cours. Ce sera une belle aventure.