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jeudi 3 juillet 2008

Nouvelle adresse

Dans mon nouvel environnement, du haut du deuxième étage où j’habite maintenant, la lumière entre par les fenêtres, qui sont nombreuses. Quel changement! Dire que j’ai vécu presque dix ans sans cette luminosité qui adoucit même les journées grises comme celle d’aujourd’hui. Le vent souffle et les branches des arbres se balancent à ma fenêtre, comme pour me saluer. Voilà, en bien peu de mots, la description de ce début de journée.

Ma deuxième semaine de vacances se termine déjà et j’avoue ne pas avoir vu la première passer. Le déménagement a été long. Nous avons, mon copain et moi, accumulé beaucoup d’objets, de meubles, de livres et de cossins, car nous vivions dans nos logements respectifs depuis quatorze ans pour lui et neuf ans pour moi. Ma fille, quant à elle, n’avait que quelques boîtes et une grosse valise qu’elle a transportée chez son père où elle passera probablement l’été, car elle travaille à Laval. Notre joyeuse équipe de déménageurs s’est acquittée de la tâche dans la bonne humeur et avec une grande efficacité.

Le lendemain, je recevais les nouveaux électroménagers qui complètent le réfrigérateur récemment acheté par mon copain. Nous voici entourés de quatre éléments tout neufs! La joie! Pas besoin de dire que j’ai fait plusieurs lessives pour « tester » la marchandise.

Nous terminerons la peinture probablement en fin de semaine. La semaine prochaine, nous serons tous les deux en vacances et nous souhaitons en profiter un peu. La vie, avec lui, est tout à fait agréable. Nous découvrons que le quotidien vécu à deux, au même endroit, est beaucoup plus simple et l’harmonie règne. C’est bon signe.

Un seul petit nuage gris à mon bonheur tout neuf. Ma fille, du haut de ses dix-sept ans, m’annonce qu’elle pense partager un appartement avec son copain dans très peu de temps. Décision totalement irréfléchie, à mon avis. J’espère qu’elle changera d’idée pour plusieurs raisons : elle n’a pas la capacité financière pour supporter une telle responsabilité; elle doit poursuivre ses études; elle n’a aucune certitude que le garçon en question, avec qui elle avait rompu pour de très bons motifs, soit suffisamment sérieux pour s’engager. Donc, pour moi c’est clair. Elle rêve d’autonomie, c’est tout à fait louable. Mais je préfère qu’elle s’envole quand ses ailes seront un peu plus solides.

Notre voyage à New York a été fort agréable. La formule « en liberté », pour laquelle nous avions optée, était tout à fait appropriée. Nous avons profité pleinement de ces quelques heures, encore une fois trop courtes, pour parcourir la ville particulièrement grouillante en cette période estivale. La pluie est venue un peu gâcher nos soirées, mais les journées étaient bien remplies. Nous y retournerons certainement.

J’ai placé tous les dictionnaires et livres de références sur une étagère, à portée de main. Il ne me reste plus qu’à chercher du travail en correction. J’ai quelques heures par semaine à y consacrer et je ne veux pas perdre la main. Dans ce domaine, comme dans d’autres, la pratique est un gage de réussite.

lundi 9 juin 2008

Penser vite

La vie va très vite. Peu de temps pour écrire. Tout ce que je peux dire : bientôt un souper avec les copines, ça me fera du bien; bientôt plus de dodo toute seule dans mon grand lit, ça me fait un peu peur; bientôt fini le secondaire pour ma fille, j’aimerais bien célébrer avec elle.

Malgré tout, je pense à ceux que j’aime, j’apaise la colère des autres et je retiens la mienne. Mathieu Ricard a dit qu’exprimer sa colère était mauvais. Qu’il fallait la voir comme quelque chose d’extérieur à nous. Ne pas laisser le monstre s’agripper. Ne pas lui laisser de place pour grandir, pour se loger en nous; ne pas le nourrir. Les psy se sont trompés, ce sont les bouddhistes qui ont raison.

Aimez-vous les uns les autres. S’il n’y avait qu’une phrase à retenir parmi celles qu’on nous a enseignées dans les cours de religion, c’est bien celle-ci. Tout un contrat en soi. Dans notre beau monde où chacun cultive son ego et son égoïsme, pas facile de penser aux autres. Pas facile de penser tout court. La plupart des gens éprouvent beaucoup de difficulté à exprimer leur pensée clairement.

Il faudra que je prenne le temps de vous parler de la musique et des livres. Quelqu’un pourrait arrêter le temps ?

Je vais à New York avec mon chum pour la fin de semaine. Nous partons vendredi. Nous laissons derrière nous les boîtes qui étouffent dans nos logements, comme nous étouffons dans cette chaleur trop lourde. Il faudrait inventer les vêtements climatisés…

samedi 24 mai 2008

Liquide

Ce n’est pas de ne pas pouvoir manger pendant 48 heures qui est difficile. Ce qui est difficile, c’est d’avaler le laxatif qu’on nous impose deux fois plutôt qu’une. J’ai eu la nausée pendant deux jours. Le premier jour, j’ai réussi à avaler le substitut de repas autorisé. Le deuxième jour, j’ai jeté les boîtes qui restaient tellement j’étais dégoûtée. Bref, j’aimais mieux ne rien avaler que d’avaler ÇA! La diète liquide, ce n’est pas la joie.

L’examen s’est très bien déroulé et j’ai hâte d’avoir les résultats, ce qui ne saurait tarder. Je vais mieux, parce que j’ai modifié mon alimentation en suivant mon intuition. Et en mastiquant longuement mes aliments, je me sens très vite rassasiée et je digère beaucoup mieux. Je pense que j’ai ignoré les symptômes trop longtemps et mon corps m’a lancé un cri d’alarme. Désormais, je vais l’écouter, promis.

C’est la période où je m’ennuie le plus au travail. Le temps où tout ralentit et où on n’ose rien entreprendre parce que la période des vacances arrive et que tout le monde sait que tout doit attendre. Je serai, encore cette année, le substitut de nombreuses personnes, une, deux, trois, quatre à la fois… Mais je ne vais pas me stresser avec ça. Pas cette fois-ci.

En ce qui me concerne, à l’exception d’une petite fin de semaine à New York avec mon chum, je n’ai pas de projet. M’occuper du nouvel appartement sera ma priorité. Il faudra bien trouver une place pour chaque chose et sacrifier ce qui ne sert plus à rien. Et puis, explorer le nouvel environnement et essayer d’en tirer profit occupera le reste du temps. Nous trouverons bien quelques jours et un petit budget pour aller explorer un coin du Québec encore inconnu. Pas trop loin. L’essence coûte cher et le déménagement est une inévitable source de dépenses. L’argent liquide ne coule pas à flots…

Justement, j’essaie d’inculquer à ma fille quelques principes au sujet de la gestion de l’argent. Elle travaille assez régulièrement depuis l’été dernier, et tout ce qu’elle gagne semble fondre aussi vite que la crème glacée en juillet. Je lui ai parlé de budget, elle a rétorqué qu’elle n’avait pas de dépenses??? Ça veut dire quoi au juste? Je ne lâcherai pas. Elle devra, coûte que coûte, participer à l’élaboration de son budget 2008-2009 et faire preuve de bonne volonté si elle veut que la ministre des Finances (moi, en l’occurrence) continue à verser les subventions.

J’ai confiance. Ma fille en est à l’étape où émergent les vraies valeurs, et j’aime ce que je vois et ce que j’entends. Elle a l’esprit ouvert et nos discussions sont animées. Je m’efforce de profiter de ces instants où, même si ce n’est pas toujours le bon moment pour moi, elle partage ses préoccupations, m’interroge, me consulte, me force à réfléchir et à voir la vie sous un angle différent. Ce sont des moments précieux qui ne doivent plus m’échapper. J’espère qu’elle ne s’envolera pas trop vite du nid. La maison serait bien vide sans sa douce folie.

Je recevrai les copies corrigées de mon article la semaine prochaine. La secrétaire du département de l’Université m’en a gentiment avisée jeudi dernier. En prime, elle m’a révélé ma note finale : A-. Ce qui est excellent, compte tenu de la sévérité des juges. Je suis ravie. J’ai hâte de lire les commentaires des correctrices! En attendant, je me la coule douce.

dimanche 27 avril 2008

Dans le doute

Parfois, la vie nous joue des tours. Nous fait des signes. Nous envoie des messages. Celui que j’ai reçu tout récemment m’a fait beaucoup réfléchir.

Je ne sais pas encore pourquoi, probablement à cause du stress que je me suis imposé ces derniers jours, j’ai souffert physiquement de symptômes qui m’ont poussée à m’inquiéter sérieusement.

Puis, à la suite d’une échographie, ma principale crainte s’est dissipée et a fait place à une remise en question de mon mode de vie. Je dois faire face à une grande difficulté de gérer le stress.

Il y a quelques jours, mes douleurs abdominales s’étaient intensifiées. J’ai cherché la cause probable sur Internet. Comme ma mère a souffert d’un cancer de l’ovaire, j’ai commencé par là. J’avais mal au côté droit, il y a tout de même un ovaire qui se cache quelque part dans cette région…

À mesure que je lisais les informations et les témoignages sur ce cancer qu’on qualifie de sournois et de silencieux – parce qu’en général, lorsqu’il est diagnostiqué il est passablement avancé – j’imaginais le pire. Je me voyais déjà annuler mon voyage à Cuba, annoncer la mauvaise nouvelle à ma famille, à mon chum, à ma fille, passer au bistouri, subir des traitements de chimiothérapie, perdre mes cheveux, mon emploi, ma vie… Je me voyais déjà morte.

Oui, je sais. C’est fou de penser comme ça et c’est très mauvais pour le moral. Mais c’est extrêmement efficace pour une prise de conscience. Une sérieuse prise de conscience.

J’ai arrêté de fumer il y a cinq ans, je m’entraîne depuis bientôt quatre ans, je visite mon médecin tous les ans, je suis en forme… et en santé. Bien sûr, ce malaise sera investigué jusqu’à qu’on démasque le coupable. Selon mon petit docteur intérieur, je crois souffrir du syndrome du colon irritable. La crise a été accentuée par le lourd stress que mon imaginaire a imposé à mon corps. Réduire ma consommation de café et de thé, me calmer, mieux manger, mastiquer (je prends déjà trois fois plus de temps pour manger et je m’en trouve admirablement mieux) et faire encore beaucoup d’exercice font partie des principales solutions que j’applique pour résoudre le problème. Et ça marche!

J’ai confié à ma fille, sans trop entrer dans les détails, que je m’inquiétais pour ma santé et que je remerciais le ciel chaque jour pour ce que la vie me donne. Elle est bien d’accord avec moi.

Mes recherches sur le cancer de l’ovaire m’ont fait réaliser que plusieurs types de cancer, dont celui-ci, sont méconnus et un peu ignorés. Pourtant, les personnes qui en souffrent et qui doivent affronter cette terrible maladie ont besoin d’être informées et soutenues. Je pense qu’il faut encourager la recherche et exiger l’implication de ministère de la Santé dans la prévention de cette terrible maladie.

samedi 12 avril 2008

Temps d'arrêt

Nous sommes à la mi-avril et je n’ai pas encore fait ma demande d’admission à l’université, tout simplement parce que je ne sais pas dans quel programme je veux m’inscrire. J’hésite. Et je réfléchis. J’ai demandé conseil à la directrice du certificat que je viens de terminer et à un de mes anciens professeurs. J’attends leurs commentaires.

Ne pas poursuivre, du moins pour le moment, libérerait du temps pour faire autre chose. Je pourrais m’inscrire à des ateliers de perfectionnement, offerts par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, ou à ceux de la Fédération du loisir littéraire, qui sont fort intéressants. Je pourrais aussi chercher des petits contrats de correction, pour prendre de l’expérience. Je pourrais… bien des choses.

Mais rien de tout cela ne sera fait avant septembre, de toute façon. Si je m’inscris à l’UQAM, ce sera pour quelques cours seulement, pas pour un autre certificat. Donc, c’est à suivre.

Là, je pense à notre voyage à Cuba en mai, à la fin de semaine à New York en juin et à mon déménagement en juillet. C’est bien assez.

Et j’ai ce malaise inexpliqué qui m’inquiète. Une petite douleur au côté droit qui persiste, mais qui heureusement s’atténue de jour en jour. J’ai vu un médecin en salle d’urgence et l’examen n’a rien révélé d’inquiétant. Il m’a toutefois recommandé de passer une échographie. J’ai rendez-vous dans dix jours, dans une clinique privée. Je n’attendrai pas trois mois et le coût de l’examen sera remboursé par mon assurance. Peut-être mon corps réagit-il à l’arrêt du Dépo Provera? Je ne sais pas encore si je suis ménopausée. Finalement, j’aurai peut-être mes règles dans quelques jours et tout rentrera dans l’ordre.

Le corps des femmes est bien compliqué!

samedi 29 mars 2008

Avancer

Mon article est terminé. Les quatre copies sont bien emballées et prêtes à livrer dans une enveloppe plastique. J’ai survécu. L’expérience avec ma tutrice a été des plus enrichissantes. Je craignais que le contact soit difficile à établir. Ce fut tout le contraire. De même que les personnes que j’ai interviewées, avec qui j’ai eu des échanges d’une grande richesse, elle a été généreuse, attentive, disponible. La gentillesse de certains humains me réconcilie avec la vie.

Les gens qui ont voyagé ont ce quelque chose de plus qui ne ressemble à rien d’autre. L’écoute, le partage, la compassion, la tolérance, sont des traits communs à ceux qui sont sortis de leur petit cocon de confort bien protégé. En Bolivie, j’ai entendu des coups de feu alors que je dormais dans une petite chambre d’hôtel de la capitale. Au Nicaragua, j’ai vu les trous que les balles ont faits dans les murs des maisons. J’ai pu imaginer ce que les gens ont vécu. La pauvreté, j’ai compris ce que c’était quand j’ai vu des enfants affamés venir terminer les restes de nos assiettes, laissés pour eux, dans les restaurants où nous mangions sous leurs regards implorants. Leurs petites mains tendus vers nous, leurs visages crasseux, leurs pieds nus et leurs vêtements déchirés forment des images imprimées à tout jamais dans ma mémoire.

Bref, je me suis plongée dans un sujet qui m’a ramenée à quelque chose d’important dans la vie. Regarder autour, voir plus loin, cesser de ne penser qu’à soi. Vivre autrement.

Parce qu’il y a bien des manières de vivre. Celle que la plupart des gens choisissent suit le courant, sans trop s’éloigner de ce que les autres ont fait avant. Une sorte de chemin tracé d’avance, avec plus ou moins de détours et de circonvolutions. Jadis, les parents transmettaient à leurs enfants la terre, la tradition, leur métier, leur maison, leur destin. Dans certaines cultures, il existe encore cette forme de déterminisme qui empêche les enfants de décider de leur propre sort. Petit à petit, la tendance s’efface et l’on voit de moins en moins d’enfants qui prennent le relais d’entreprise familiale ou qui deviennent médecin ou boulanger parce que leur père est médecin ou boulanger. Ce qui a pour effet que certains métiers sont en train de disparaître.

Bon, je m’égare. Mais tout se tient n’est-ce pas? Quelque part, je pense à ma sœur et son mari qui ont bâti leur entreprise et qui, aujourd’hui, sont un peu fatigués. Ni l’un ni l’autre de leurs fils ne prendra la relève, c’est certain. Alors, quand ils prendront leur retraite, l’entreprise disparaîtra.

Nous allons signer notre bail demain. Le choix s’est fait rapidement. J’espère que ce sera le bon. L’endroit conviendra parfaitement si ma fille est acceptée au premier tour, au cégep où elle a fait une demande d’admission. Croisons-nous les doigts.

Le quartier de la grande ville que nous avons choisi ressemble un peu à la banlieue, loin du centre, plus près de la nature. Pas d’entrepôt ni d’industrie dans le coin. De belles promenades à faire dans un parc tout près. Un balcon pour y déjeuner le matin, au soleil. Ma fille, mon chum, mon bonheur tout simple.

Je dois maintenant penser à emballer tout le reste. Tout ce que je ne peux pas porter uniquement de la nature ou même faire un petit voyage pour combler nos envies de sortir de notre petit cocon confortable… dans mon cœur, tout ce que je devrai apporter avec moi, comme un lourd bagage qui devrait s’alléger dans les prochaines années. Parce que nous comptons bien, dans pas trop longtemps, nous rapprocher

Le but, c’est d’avancer.

samedi 8 mars 2008

Encore du blanc

Oui, oui, encore de la neige. Les rues rétrécissent, les montagnes de neige soufflée sur les terrains vont finir par faire disparaître les maisons. On aura bientôt l’impression de vivre dans un monde tout blanc, tout blanc.

Ce matin, cours de musculation assez intense. Le prof nous a fait suer, c’est le cas de le dire. Les encouragements qu’il scandait ont suffi à motiver le groupe suffisamment pour que personne n’abandonne avant la fin des exercices. « Belle endurance » répétait-il en augmentant la cadence. Je sens que mes muscles me feront souffrir demain.

Pas grave. Je suis en vacances. Je rencontre ma tutrice mercredi. Ça ne me laissera que deux jours de ces vacances pour travailler intensivement sur mon article. Pour corriger les problèmes de structure qu’elle m’a déjà signalés. Je sais que je n’ai pas l’esprit journalistique quand j’écris. Je n’arrive pas à penser à l’envers. D’ailleurs, quand je lis un article dans une revue ou un journal, je lis d’abord le chapeau (les premières lignes qui, en général, résument l’article) et ensuite je lis la fin. Si ces deux parties m’intéressent, je remonte au début. J’écris donc comme je lis. Je commence par la fin et ce n’est pas une très bonne idée à ce qu’on m’a dit.

Bon, heureusement, avec la fonction « copier-coller » du logiciel de traitement de texte il suffit de modifier l’ordre des paragraphes et le tour est joué. Néanmoins, je suis maintenant assez convaincue de ne pas avoir envie d’écrire sur commande, encore moins de le faire dans un cadre rigide qui exclut ma créativité. C’est pourquoi la grande liberté dont je jouis en écrivant ici et sur mon autre blogue me procure une grande satisfaction.

Puisqu’il faut terminer ce que j’ai commencé, je vais travailler sans relâche pour satisfaire les exigences du comité de lecture qui jugera de la qualité de mon travail. Je les connais toutes, ces dames à l’œil acéré et au crayon rouge assassin. Elles me font un peu peur, je l’avoue.

J’ai beaucoup à faire, mais je tenterai d’écrire ici un peu plus souvent. Parce que ça me fait le plus grand bien.

J’ai constaté que le service que j’utilise, pour aviser les quelques personnes qui y sont inscrites des mises à jour de ce site, ne fonctionne pas très bien. Ou pas du tout ? Bref, si vous souhaitez recevoir un avis de mise à jour, envoyez-moi votre adresse de courriel ici et je vous aviserai, c’est promis.

dimanche 2 mars 2008

Un peu de gris, un peu de bleu

La convalescence de mon patron s’est prolongée d’une semaine, chevauchant la semaine du départ en vacances d’une collègue. Je me suis donc retrouvée encore une fois avec de multiples tâches à accomplir et toujours que deux mains et une tête pour le faire. Mais heureusement, deux mains efficaces et un esprit clair. J’ai découvert les vertus du ginseng pour tuer le rhume (on dit souvent la grippe, à tort, car il s’agissait bien d’un petit rhume et non d’une vilaine grippe) qui tentait de m’assaillir il y a quelques semaines. Je me suis sentie tellement bien que j’ai décidé d’adopter ce supplément pendant l’hiver. Et je me sens mieux. Meilleure concentration surtout.

Je termine la première version de mon article. Je suppose que c’est normal de ne pas vouloir y toucher pendant un certain temps. Je l’enverrai donc à ma tutrice et j’attendrai patiemment ses commentaires. Je me connais, je ne résisterai pas longtemps à l’envie d’entrer en période de réécriture. Surtout que j’ai planifié mes vacances pour avoir le temps de le faire. Je ne veux pas traîner trop longtemps et je compte bien finir cet article quelques jours avant l’échéance. Je pense que je me sentirai soulagée. Je profiterai de ce précieux temps libre pour chercher un logement.

Terminer mon certificat me réjouit et m’attriste à la fois. Plusieurs cours au programme m’aurait intéressée. On ne peut pas les choisir tous. Je me demande si je peux m’inscrire quand même, en utilisant ces crédits pour compléter un autre certificat. Je m’informerai auprès de la directrice du département. Je verrai bien. Il y un autre programme qui m’intéresse dans une autre université, mais j’ai peur que ce soit redondant. Je ne veux pas perdre mon temps. Je verrai ça aussi.

Chose certaine, il faut que je demeure active. Depuis cinq ans, mon intellect est continuellement sollicité et je ne veux pas que ça s’arrête. J’ai besoin de cette stimulation. Elle me fait le plus grand bien.

Autour de moi les gens continuent à me décevoir. Je ne sais pas trop pourquoi. J’ai l’impression que les uns s’engouffrent dans des situations problématiques sans aucune volonté de s’en sortir, et continuent à se plaindre comme si c’était la faute des autres. D’autres retiennent leur souffle jusqu’à qu’ils trouvent l’occasion de cracher leur venin. Et font semblant d’être gentils et d’aimer tout le monde alors qu’ils sont mauvais et qu’ils jugent et condamnent cruellement. La situation sur la route est le reflet de ces comportements totalement dénoués de respect et empreints d’un égoïsme qui frôle l’irresponsabilité. Égoïsme tant prôné par les publicités qui encouragent tout le monde à ne penser qu’à soi. Moi Moi Moi et re-Moi. Ouf! Même un arrêt obligatoire à l’air de contrarier ces individus qui refusent de laisser un centimètre de place à l’autre. Faut-il toujours céder ?

Je pense que j’ai besoin de vacances…

Ma fille se remet de sa déception amoureuse. Elle a retrouvé ses amies et un rythme de vie plus actif. Elle change beaucoup, mais refuse de l’admettre. C’est peut-être sa façon à elle de se protéger. Mais je sais que ce garçon l’empêchait, d’une certaine manière, de s’épanouir. Je ne pourrai jamais la blâmer d’être une amoureuse sincère et passionné. D’ailleurs, le jeune homme continue de lui courir après et il finira peut-être bien par la rattraper. Son attachement pour lui sautait aux yeux, même s’il semblait contraire à toute logique. Aujourd’hui, elle regarde ailleurs. Plus loin. J’espère qu’elle ne reculera pas.

Mais de ça aussi je ne pourrais la blâmer. J’ai mis plusieurs années à me détacher complètement de celui qui fut mon premier amour. Nous avons joué au yo-yo jusqu’à ce que le fil finisse pas s’user totalement. Je pense que c’était une manière de souffrir un peu moins, mais je n’en suis pas totalement convaincue.

Hier soir, j’ai assisté à la projection d’un documentaire sur le voyage autour du monde d’une famille. Les quatre membres de l’équipage étaient présents. Raconter cinq années de navigation à bord d’un voilier en si peu de temps se résume, malheureusement, à quelques anecdotes et un itinéraire tracés sur une carte. La beauté des paysages, l’intensité des liens noués, les moments magiques vécus par les enfants ont été racontés et illustrés avec passion. J’étais ravie de rencontrer ces gens que j’avais déjà contactés pour mon article. Leur expérience est très inspirante. Vivre de longues journées en mer à naviguer au gré du vent semble apporter une grande paix intérieure et une confiance en la vie. C’est enviable non ?

dimanche 3 février 2008

Voyagement

Plongée dans les récits de voyage des autres (pour mon travail universitaire), je pense au prochain voyage que je ferai : mon déménagement. Mon copain, déjà contacté par son propriétaire pour le renouvellement de son bail, m’interroge du regard comme pour se convaincre que notre décision est solide : nous allons vivre ensemble. Pour moi, il n’y a aucun doute que je quitterai cet appartement, où je ne peux plus supporter l’obscurité et le bruit : les pleurs des bébés presque toutes les nuits, les cris des parents qui s’engueulent dans une langue que j’ai le bonheur de ne pas comprendre et les pas des voisins d’en haut qui résonnent à l’heure du coucher. J’ai envie de silence, de lumière et de paix.

Je comprends son inquiétude. Nous avions convenu, depuis quelques années déjà, que vivre ensemble n’était pas nécessaire pour être unis. Et je le pense encore. Notre relation a mûri, et au fil des ans nous avons changé beaucoup. Et si nous sommes demeurés ensemble, c’est peut-être aussi parce que nous avons évité d’établir cette routine dès le départ. Aujourd’hui, je me dis que nous sommes suffisamment matures pour éviter les pièges de l’abrutissement. Nous sommes des êtres autonomes.

C’est cette même autonomie que je retrouve dans mes lectures, chez les enfants qui, avec leur famille, font le tour du monde. Ce sujet passionnant, que j’ai choisi de traiter dans un article que je produirai comme travail pour terminer mon certificat, n’a pas encore fini de m’étonner. Les voyageurs sont définitivement des êtres qui font preuve d’une ouverture d’esprit hors du commun. Et leurs enfants deviennent des adultes d’exception.

Bien sûr, tous les enfants n’ont pas la chance de faire le tour du monde. Ceux qui l’ont devraient se donner pour mission de partager avec les autres ce qu’ils ont appris et ce qu’ils retiennent de cette fabuleuse aventure. Au retour, certains adultes ont de la difficulté à s’adapter à « la vie normale ». Les enfants, eux, reprennent plus facilement là où ils ont laissé.

C’est dans cette capacité d’adaptation que nous devrons puiser, mon copain et moi, pour bien vivre ce changement que nous vivrons bientôt. À l’exemple de ma fille, qui n’a jamais rouspété au cours des nombreux déménagements de son père et qui ne m’a jamais reproché d’avoir gardé le même appartement pendant tant d’années. Entre les deux, elle a trouvé son équilibre. Bientôt, ce sera elle qui mettra les voiles.

dimanche 13 janvier 2008

Plonger dans une belle aventure

Je dois trouver un sujet pour la rédaction d’un article, dans le cadre du dernier cours qui me permettra de décrocher, enfin, mon certificat. Ces études entreprises il y a cinq ans m’ont apporté énormément. D’abord, la confiance en moi et en mes capacités, ensuite, une plus grande ouverture d’esprit et un meilleur jugement. J’ai toujours eu l’esprit critique. Aujourd’hui, je sais qu’on ne peut pas affirmer sans s’appuyer sur des arguments solides. Sinon, à quoi bon? En parlant de son père, Marie Laberge racontait que cet homme lui avait enseigné, justement, à ne jamais parler sans savoir. Je pense que c’est une belle leçon.

Ma fille doit, elle aussi, préparer un travail pour son cours de français. Elle a choisi le difficile sujet de la médiatisation des événements entourant les tueries dans les écoles. Elle a peur de ne pas être à la hauteur. Je l’encourage et lui suggère des pistes. Elle aussi, au fond, a besoin d’accumuler les réussites pour regagner la confiance en elle qu’elle a perdue un peu. Les déceptions amoureuses ont cette manie de nous faire sentir si petite. Et pourtant. Je prie aujourd’hui pour qu’elle rencontre un garçon digne de ses aspirations, qui saura l’aimer et la respecter.

Elle arrive petit à petit à surmonter sa peine. Les larmes et la colère ont dominé ces deux dernières semaines. Je suis un peu soulagée de passer le relais à son père. Lui, n’a pas ces excès de sensibilité qui me font souffrir et qui créent, malgré moi, des angoisses qui m’empoisonnent la vie. Je finirai bien par guérir. Je sais que je n’y arriverai pas seule. J’ai besoin de l’aide de ceux qui m’aiment.

Je dois donc me plonger dans un travail intense qui durera encore quelques mois. Au printemps, j’aurai terminé. Je m’accorderai une semaine de vacances pour me consacrer entièrement à cet article, que je souhaite terminer assez tôt. Pour avoir le temps de le laisser dormir quelques jours, et ensuite y revenir pour effectuer les dernières corrections. Je serai supervisée par un tuteur dont j’attends la confirmation – une chance exceptionnelle, a-t-on souligné au premier cours. Ce sera une belle aventure.

mercredi 2 janvier 2008

Du gris sur fond blanc

L’année 2008 s’est faufilée en douceur. Le tapis de neige duveteuse qui recouvre la ville a de quoi réjouir les amateurs de plein air. Cette dernière journée de vacances pour moi est passée trop vite.

Mon souper d’anniversaire a été mémorable. Ma fille et son copain ont tenu leur promesse : ils sont venus préparer le souper. Pour la première fois, je les ai vus comme un petit couple qui n’avait pas besoin de moi pour les aider pour faire la cuisine. C’était charmant. Pendant le repas, je regardais ma fille fixer un regard terriblement amoureux sur son copain qui a très bien joué son rôle de cuisinier pour l’occasion. Je me sentais comblée de la voir si heureuse. Le jeune homme nous a quittés après le repas, prétextant un rendez-vous avec sa grand-mère. Une fois la vaisselle terminée, ma fille s’est retirée dans sa chambre.

Tout est arrivé si vite que je n’ai pas compris tout de suite pourquoi elle frappait son clavier d’ordinateur, complètement en furie, pleurant et criant à la fois. C’est plus tard qu’elle a réussi à me dire que le courriel qu’elle venait de lire et qui l’a mise dans cet état lui révélait que son copain, qui venait tout juste de partir, entretenait une relation avec une autre fille.

Jamais je n’ai vu ma fille aussi désemparée. J’ai dû la retenir pour ne pas qu’elle sorte dans cet état, essayant de comprendre ce qui se passait tout en tentant désespérément de la calmer. Puis, les conversations téléphoniques se sont succédées, accentuant la force de la crise au lieu de la diminuer.

Ce triste événement a jeté un voile sombre sur cette soirée qui avait si bien commencé. Plus tard, ma fille est allée se réfugier chez des amis pour apaiser sa peine. Nul doute que je n’étais pas nécessairement la bonne personne, ce soir-là, pour la consoler, même si j’ai souhaité qu’elle reste avec nous, comme prévu, au lieu de s’en aller.

Le lendemain nous avons discuté. Ce premier amour représente beaucoup pour elle. Le jeune homme, quant à lui, a eu une vie fort difficile jusqu’ici et, de toute évidence, n’a pas atteint le même degré de maturité que celui de ma fille.

Ce sont ses valeurs à elle qui comptent. Et la fidélité en fait partie. Elle lui a déjà pardonné dans le passé, mais cette fois-ci, c’est la goutte qui a fait déborder le vase. Même si je ne peux prédire l’avenir, j’espère qu’elle maintiendra sa décision de ne plus le revoir, du moins pour un certain temps.

Il va sans dire que le nouvel an a été moins joyeux qu’il aurait dû être. J’espère que l’année 2008 effacera vite cette peine et que ma fille pourra tourner la page

Je retourne au travail demain. Je n’en ai pas envie, même si je sais que la routine prendra le dessus et m’aidera à effacer ces mauvais moments de ma mémoire.

jeudi 27 décembre 2007

D'amour et d'humour

La fête familiale habituelle s’est bien déroulée. Le temps était doux et la route était belle. Cette année, toute notre attention était tournée vers ce nouveau membre de la famille, cette petite fille de neuf mois qui s’émerveille et qui nous enchante. Devant la fatigue des parents, parfois un peu impatients, je me remémore ces moments où il faut s’ajuster et où le couple se fragilise un peu pour, selon le cas, mieux se retrouver ou se séparer plus tard. Car c’est vrai que la venue d’un enfant bouscule et met à l’épreuve. Et que dans le monde d’aujourd’hui, on tolère peu et on rejette vite.

Mon copain me faisait remarquer que je me moque souvent de lui et que ça le gêne. Alors, même si je considérais ces moqueries comme bien inoffensives et que j’espérais que son sens de l’humour l’aide à les accepter avec le sourire, j’ai décidé, par respect pour lui, d’arrêter. Comme les vilaines habitudes sont difficiles à perdre, il m’a fallu un certain effort de concentration pour éviter de « sauter sur l’occasion » de l’agacer un peu pendant notre réunion familiale de Noël. J’ai réussi et j’ai respecté la limite que je m’étais fixée. Mais voilà que lui, au contraire, en a profité, alors que mes défenses étaient tombées, pour me piquer à la moindre occasion. J’ai laissé faire. Je me suis dit qu’il avait envie de me tester et de voir si j’allais répliquer. Ce que je n’ai pas fait. Mais dans mon for intérieur, j’ai éprouvé une certaine déception.

Il y a là un côté de la nature humaine que je m’efforce de comprendre depuis bien des années. Deux personnes qui s’aiment doivent-elles constamment se mettre à l’épreuve pour se convaincre de leur amour? Quand je vois ma fille et son copain, continuellement en train de se chamailler pour des « niaiseries », en train de bouder ou pire, de se crier des injures, je ne sais plus dans quel bouquin je dois regarder pour trouver une explication. Le période des Fêtes est une période de stress qui prédispose les couples aux conflits. Alors que tous devraient se réunir dans la paix et l’harmonie, il arrive parfois que les gens se heurtent, se querellent, se blessent.

Au cinéma ou dans la littérature, l’amour est idéalisé. Les images qu’on nous propose ne tiennent pas la route dans la réalité. Et si on se met à rêver d’atteindre ce genre de paradis dans une relation, on risque d’y laisser sa peau. Bien sûr, l’amour est un sentiment puissant, mais chacun le vit différemment. Avec les années, j’ai cessé de chercher l’amour parfait et j’ai plutôt décidé de construire. Pour moi, c’est la meilleure façon d’entrer en relation avec une personne. Le respect, l’attention et l’écoute sont les matériaux sur lesquels je compte. Je sais que ce que nous construisons n’est pas à l’abri de tout. Je sais que même les édifices en béton peuvent s’écrouler. Je sais aussi que les plus forts savent se taire.

samedi 22 décembre 2007

Lire est aussi un cadeau

En terminant d’emballer mes cadeaux tout à l’heure, je me disais que j’étais bien chanceuse d’en avoir si peu à emballer. Probablement parce que je déteste emballer des cadeaux. En fait, j’aurais bien plus de plaisir à en offrir s’il ne fallait pas les emballer. Heureusement que Noël n’arrive qu’une fois par année!

J’offre plusieurs livres à la fille de mon filleul, qui n’a pas encore un an. J’ai décidé de lui en offrir autant que je pourrai, parce que je sais que les livres coûtent cher et je sais aussi combien il est important pour un enfant d’être entouré de livres, ou du moins d’y avoir accès. J’ai commencé à raconter des histoires à ma fille lorsqu’elle avait à peine un an, et je sais que ce simple geste a développé chez elle le goût de la lecture.

J’ai aussi pris plaisir à offrir des livres à des enfants que je ne connais pas, dans le cadre de la campagne La lecture en cadeau de la Fondation pour l’alphabétisation. Il ne faut pas oublier que de nombreux enfants n’ont jamais eu la chance d’avoir un livre tout neuf entre leurs mains, un livre qu’ils pourront garder aussi longtemps qu’ils le souhaitent.

La fin d’année approche et je ne peux m’empêcher de faire le bilan de la mienne. Je suis assez satisfaite de ce que j’ai réalisé jusqu’ici. Je terminerai mon certificat au printemps, et j’envisage de m’inscrire à un autre programme ou à quelques cours pour compléter ma formation. Quand j’en aurai assez d’étudier et que j’aurai plus de temps libre, j’offrirai mes services. D’abord bénévolement, ensuite, j’espère pouvoir en tirer un revenu qui me permettra de voyager plus souvent ou de planifier une retraite moins tardive.

Voilà pour le concret. Je n’ai pas d’autres grands projets pour l’instant. Il faut dire qu’aujourd’hui, je suis plutôt sur le mode « repos et moindre effort ». C’est bien mérité. J’ai beaucoup travaillé et je suis fatiguée.

Hier, au bureau, nous avons fait un repas communautaire où chacun apportait un plat à partager. Nous avons goûté des empanadas chiliens, un couscous algérien, des rouleaux vietnamiens, des fromages français et des trempettes libanaises. J’avais préparé les desserts : un gâteau au gingembre frais et des carrés aux noix. Tout était absolument délicieux. Ce repas rassembleur a clôturé l’année en beauté. Je suis maintenant en vacances jusqu’au 3 janvier. Et je compte bien en profiter.

J’offre mes vœux à tous ceux qui viennent me lire ici ou sur mon blogue Sans parler. J’aimerais bien faire de ce site un lieu d’échanges et de partage. Ne vous gênez pas pour y laisser vos commentaires. Joyeuses Fêtes et à très bientôt !

dimanche 16 décembre 2007

Distractions

J’ai terminé ma session jeudi dernier et j’ai obtenu une note très satisfaisante pour mon travail de session. Je publierai peut-être le texte un de ces jours sur mon blogue Sans parler.

La journée d’hier était un peu spéciale. Mon copain célébrait ses cinquante ans. Nous n’étions pas surpris que les amis déclinent l’invitation à venir célébrer avec nous. En décembre, personne n’a vraiment envie de sortir parce qu’il fait froid ni de dépenser de l’argent pour un souper au restaurant parce que les dépenses du mois ont déjà largement dépassé le budget. Finalement, nous n’étions pas déçus de souper en tête à tête.

Je suis allée au gym en matinée, malgré la fatigue accumulée pendant mes douze jours de travail consécutifs. Je pensais que le cours allait me faire du bien et j’avais raison. C’était un cours amusant où la prof nous a fait danser un rigaudon, ce qui nous a fait réaliser que cette danse est un très bon exercice cardio-vasculaire.

À la fin du cours, nous faisons des étirements. C’est une période de relaxation très bénéfique que j’apprécie énormément. C’est à ce moment que j’ai eu une vision. J’ai vu mon sac de sport dans le casier où je dépose mes effets personnels. J’ai vu mon sac de sport, mais pas mon sac à main. Je me suis dit alors que ce serait affreux de perdre mon sac à main ou de me le faire voler à cause d’une distraction. D’autant plus qu’il y a tout ce dont j’ai besoin dans mon sac à main : les clés de ma voiture et celles de mon appartement, mon porte-monnaie qui contient généralement peu d’argent mais toutes mes cartes bancaires, mes cartes d’identité et mon permis de conduire.

Alors, pendant que je faisais la combinaison pour ouvrir le cadenas de mon casier, je me suis dit que ce serait vraiment affreux si mon sac à main n’était pas là. J’imaginais le pire. Et le pire est arrivé : mon sac n’était pas là. Je me suis précipitée au vestiaire, là où je l’avais probablement laissé dans un moment de distraction. Il n’était pas là. Je suis allée immédiatement à l’accueil. La seule personne présente était au téléphone et je me suis permis de l’interrompre. Elle m’a fait signe d’attendre qu’elle termine son appel. Je suis retournée au vestiaire. Toujours rien. Lorsque la jeune fille à l’accueil a soulevé le sac qu’elle avait déposé derrière le comptoir, j’ai failli m’évanouir. Une gentille dame l’avait apporté, soucieuse de voir un sac à main ainsi abandonné, qui aurait pu très facilement être volé. Comme disait ma fille, c’est dame est un ange et je lui exprime toute ma reconnaissance.

L’honnêteté est une très belle qualité. Et elle existe encore aujourd’hui.

J’ai donc pu offrir un beau souper d’anniversaire à mon copain et bien des tracas ont été évité grâce à ce geste généreux. Le restaurant que nous avions choisi affichait un décor d’une grande simplicité, mais la cuisine était succulente. Le vin que nous avons choisi était parfait. Nous étions ravis.

Ce soir, la tempête ne donne pas vraiment envie de sortir. J’ai tout de même eu le courage de faire un saut à l’épicerie et d’aller conduire ma fille chez son père. Quand je suis rentrée, les chargeuses-pelleteuses s’affairaient à dégager le stationnement. Le conducteur de l'un des engins me voyant arriver a eu la gentillesse de dégager une place pour moi, ce qui m’a évité d’avoir à pelleter la neige pour me stationner. La courtoisie existe encore et je m’en réjouis également.
Finalement, les humains ont de très bons côtés.

vendredi 7 décembre 2007

Insomnie et précipitations

Malgré la nuit blanche que je viens de passer, j’avais encore de l’énergie pour faire l’épicerie et la lessive. Je suis incapable de m’arrêter. C’est si difficile pour moi de me détendre. Tellement difficile que j’arrive à peine à prendre le temps de manger. Trop souvent, j’avale sans réfléchir des aliments vite préparés et je passe à autre chose. Je suppose que ce n’est pas très bon pour la santé.

Justement, parlant de santé, j’ai vu mon médecin mercredi dernier. J’étais tout heureuse d’être la première sur sa liste, mais j’ai vite déchanté quand j’ai vu une autre personne franchir la porte de son bureau avant moi. Ce n’est qu’une heure plus tard qu’il en est sorti. Je suppose qu’il s’agissait d’une urgence, car mon médecin semblait fort préoccupé et m’a même avertie qu’il attendait un appel urgent d’un radiologue, appel qu’il devrait prendre immédiatement, au risque d’interrompre notre entretien pendant quelques minutes.

J’avoue que cette situation m’a mise un peu mal à l’aise, car j’avais l’intention de prendre le temps de discuter avec lui et ce temps venait de m’être volé. J’aurais pu ne pas en tenir compte. Je sentais que mon médecin avait la tête ailleurs. Lorsqu’il m’a donné les résultats des analyses sanguines, qui étaient tous normaux, ça m’a quand même rassurée. Mes inquiétudes ne sont pas toutes disparues. Il faut attendre un an avant de repasser l’ostéodensitométrie et de voir si mon état s’améliore ou se détériore.

J’ai remis mon travail de session jeudi dernier. Quel soulagement! J’ai obtenu une bonne note pour mon synopsis. Quelle joie! J’ai bien hâte à la semaine prochaine pour voir comment sera jugé ce dernier travail pour lequel j’ai mis tellement d’heures. Je n’aurais pas dû. Je sais que bien des étudiants ont rédigé à la hâte ces quatre pages et qu’ils dorment tranquilles. Moi, si je n’ai pas dormi de la nuit, c’est un peu parce que je ne sais pas évacuer le stress. Je sais que d’ici quelques jours, tout ira mieux. Les vacances seront les bienvenues.

L’abondante neige qui est tombée cette semaine commence déjà à fondre. Ce soir, le temps était doux et j’aurais bien voulu aller marcher, avec mon chien. Mais je n’ai pas de chien. C’était pourtant la soirée parfaite pour une promenade. Je n’avais pas envie de marcher seule. Je n’avais pas envie de marcher dans ce quartier que je connais par cœur. Je suis rentrée. J’ai mangé trop vite, je suis allée à la buanderie remplir trois machines et je me suis assise devant l’ordinateur pour écrire.

Je travaille toute la fin de semaine. Vivement les vacances!

dimanche 2 décembre 2007

Je suis ailleurs et je me soigne

Juste un petit mot parce que le temps presse, parce que le temps me manque, parce que même si ma prof dit gentiment que «quand Dieu a créé le temps il en a fait assez», je ne sais pas trop où Dieu l'a mis ce temps-là et je le cherche encore.

Bref! J'ai tout de même pris le temps d'écrire mon témoignage sur mon blogue Sans parler, que je vous invite à aller lire. Ça s'intitule: Tout va bien docteur ?

À bientôt.

vendredi 23 novembre 2007

Occupation double

Je suis préoccupée. Mon esprit est perturbé. J’ai trop de pensées qui trottent dans ma tête. J’ai terriblement hâte de m’arrêter. Et en même temps, je sais que je vais souffrir de ce grand vide qui prend place après cette période d’effervescence où tout va si vite.

Le père de mon amie prend du mieux. Elle est très attentive et généreuse envers lui. Elle lui consacre beaucoup de temps. Une collègue de travail vit actuellement une situation semblable. Son père sort du coma et reprend peu à peu conscience. Il respire avec l’aide d’un appareil, car son réflexe d’inspiration n’est pas rétabli. Il est attaché et branché à ce respirateur et à un tas d’autres appareils, mais il est en vie. Cet homme serait mort il y a quelques années, comme le père de mon amie le serait aussi.

La vie, c’est terriblement précieux.

Pourtant, certains vieillissent moins bien que d’autres. Le taux de suicide augmente chez les aînés et peu de gens semblent s’en soucier. Plusieurs sont isolés et s’ennuient. Certains vivent très pauvrement, particulièrement les femmes, comme cette dame dont les médias ont parlé récemment, à qui on refuse de verser une pension à laquelle elle a pourtant droit. C’est terriblement injuste et honteux que dans une société si riche des enfants et des vieillards vivent encore dans la pauvreté. C’est dans ces moments de haute période de consommation que je pense encore plus à eux.

Hier, l’entreprise pour laquelle je travaille a honoré les employés qui lui sont fidèles depuis plus de dix ans. Un geste qui mérite d’être souligné, car nous sommes plusieurs à faire partie de cette catégorie. Pour ma part, je compte 22 ans de service. C’est beaucoup. Je prépare ma sortie tranquillement, en terminant mon certificat entre autres, et en cotisant à mon REER. Je n’ai pas envie d’être pauvre à ma retraite. Je veux en profiter et vivre bien. Voyager, aider, donner. Les années filent et je sais que j’y arriverai.

D’ici là, je dois continuer à travailler pour terminer ma session. J’ai une idée d’article pour Sans parler, il faudra que je le rédige prochainement.

samedi 3 novembre 2007

Mes amies et moi

Chacune a sa vie. Différente. Des enfants, tous grands maintenant. Bientôt de petits-enfants certainement. Et aussi des parents vieillissants. Le père de mon amie vient de subir un accident vasculaire cérébral. Il est âgé de quatre-vingt-trois ans. L’an dernier, il a subi une chirurgie cardiaque qui lui a sauvé la vie. On le compare à un chat. Il a bien neuf vies celui-là. On lui a déjà diagnostiqué une leucémie. Il n’a jamais fait de chimiothérapie. La maladie s’est volatilisée. Le médecin n’a rien compris. Peu importe, c’est la volonté de vivre de cet homme qui l’a toujours sauvé.

Mais mon amie, aujourd’hui, voit l’esprit de son père s’en aller alors que son corps continue à rester ici. Il perd la tête, comme on dit. Et ça, ce n’est pas facile à vivre. Comme elle me le confiait tristement, nous sommes tous plus ou moins préparés à voir mourir nos parents, lorsqu’ils sont âgés. Mais personne n’est préparé à les voir devenir confus, perdus, incohérents, à les entendre divaguer, délirer, à constater qu’ils ne nous reconnaissent plus, que nous devenons des étrangers pour eux.

L’an dernier, j’ai longuement réfléchi à la pertinence d’opérer un homme aussi âgé, au risque de lui rendre une vie qui aurait perdu tellement de sa qualité qu’elle n’en vaudrait plus la peine. Mais je savais que cet homme tenait à la vie très fort, surtout parce qu’il ne voulait pas laisser sa conjointe toute seule. Elle aussi ne voulait pas le voir partir déjà…
Mais depuis cette intervention, il devient de plus en plus confus.

Mon amie veille son père à l’hôpital et y passe tout le temps qu’elle peut pour prendre soin de lui. Elle veille surtout à ce que les équipes médicales ne s’acharnent pas à le maintenir en vie coûte que coûte. Ils n’ont pas le choix, m’a-t-elle confié, ils doivent nous proposer toutes les interventions possibles et nous laisser décider. Son père refusait les traitements de chimiothérapie et, malgré une tumeur découverte récemment, mon amie a refusé le traitement proposé en son nom.

Mes parents sont décédés très rapidement. Mon père a succombé à une crise cardiaque pendant la nuit à l’âge de cinquante et un ans et ma mère est décédée d’un cancer quelques jours après son admission à l’hôpital. Je ne sais pas comment j’aurais réagi devant une situation semblable à celle que mon amie est en train de vivre. Je la trouve très courageuse et très dévouée.

Cette semaine, nous étions au restaurant mes amies et moi, et de revoir ces belles dames, à l’aube de la cinquantaine ou confortablement installée dans cette décennie, m’a fait le plus grand bien. C’était réconfortant et apaisant. J’aimerais les voir plus souvent. La vie nous joue des tours parfois et nous éloigne trop vite de ceux qu’on aime.

samedi 27 octobre 2007

Écrire sur le bonheur

Développer notre esprit critique est l’un des objectifs du cours auquel j’assiste chaque semaine à l’université. Et la chargée de cours nous y incite fortement, en plus de nous exhorter à nous cultiver pour, justement, amener de l’eau à notre moulin. Parce que, pour argumenter et étayer sa position, il faut pouvoir se référer à quelque chose.

L’esprit critique, je crois que je l’ai toujours eu. La culture, je tends à y accéder et j’ai la chance d’avoir, justement, la possibilité de tremper dans le milieu littéraire où il se passe beaucoup de choses. Par contre, je ne cours pas les musées et je ne vais pas souvent au théâtre. La danse, je m’y suis toujours intéressée, mais les nouvelles tendances me laissent un peu tiède. Je suis une bonne consommatrice de musique, j’achète régulièrement des CD ou je télécharge des fichiers pour lesquels je paie, naturellement. Je vais régulièrement au cinéma et je suis abonnée à deux clubs vidéo. J’aime l’art et je me passionne pour le monde de l’illustration. Je suis curieuse et je me plais à discuter sur tous les sujets.

Alors, lorsque la chargée de cours nous a présenté le sujet de l’examen intra – nous devions rédiger un texte d’une vingtaine de lignes en classe – j’ai été un peu étonnée. Il fallait écrire sur le bonheur. Nous avions une heure pour le faire, ce qui, vraisemblablement, était raisonnable, bien que plusieurs aient manqué de temps pour terminer leur texte.

Lorsque j’ai quitté la classe, ce soir-là, je me sentais terriblement mal à l’aise. Jusqu’ici, j’ai réussi tous mes cours avec de bonnes notes. Mais là, les deux travaux que j’ai remis ont été notés sévèrement. Donc, je m’inquiétais pour cet examen qui compte pour 40 pour cent de la note finale. J’avais, pour la première fois, l’impression que j’allais échouer.

Parce que le but de l’exercice était d’écrire ce qu’est, pour nous, le bonheur. Et dans cette classe, devant cette page blanche, je me suis sentie totalement en manque d’inspiration. Je ne me suis donné ni le droit de me laisser aller ni le temps de réfléchir. J’ai tenté de rédiger un plan rapidement et j’ai commencé à écrire en réalisant très vite que j’étais incapable de le suivre. Bref, ce fut une expérience catastrophique.

C’est dire à quel point j’étais anxieuse de recevoir ma note, et surtout de lire les commentaires sur mon texte. Tout à fait pragmatique, la chargée de cours a rappelé les règles et déclaré que si les consignes avaient été respectées, il fallait s’attendre à une note honnête. C’est ce que j’ai eu. Une note honnête, des commentaires brefs et justes, un résultat somme toute acceptable.

Cette expérience m’a fait réfléchir, justement, sur le sens que j’accorde au bonheur. Et comme par hasard, je suis tombée sur un livre qui traite du sujet de façon particulière. On y raconte que nos gènes seraient responsables à 80 pour cent de notre capacité à être heureux. L’extraversion, la stabilité émotionnelle, l’amabilité et le caractère consciencieux seraient en partie déterminés par nos gênes et constitueraient des éléments déterminants à l’atteinte du bonheur. Pour ce qui est du 20 pour cent restant, c’est là que notre créativité entre en scène…

Quelques affirmations ont retenu mon attention dans ce texte. Par exemple, des psychologues révèlent que « la polarisation excessive sur des projets d’avenir » représente un potentiel de déception susceptible d’entraver l’atteinte du bonheur. Par contre, des recherches ont démontré que « les personnes les plus heureuses sont celles qui parviennent à s’absorber dans des tâches qui mobilisent toutes leurs ressources d’attention, sans penser à demain ni à hier ». Autrement dit, vivre l’instant présent et en savourer chaque seconde en se consacrant à ce qu’on aime. Voilà la clé – ou du moins l’une des clés – du bonheur.

Je pourrais disserter certainement longuement sur le sujet, ironiquement. Parce qu’une petite heure et une vingtaine de lignes m’ont vraiment laissée sur ma faim. Je n’ai pas exprimé, avec sincérité, ce qu’était pour moi le bonheur. Et je ne saurais peut-être pas encore le faire aujourd’hui.

Parce que je suis, fondamentalement, une personne triste. Je ne sais pas si c’est génétique, mais c’est une situation que je gère aujourd’hui très bien. J’ai appris à vivre avec cette petite fille blottie au fond de moi, qui a chaussé trop vite des souliers d’adulte pour marcher dans le monde des grands. Ma consolation, mon grand bonheur à moi, c’est de permettre à ma fille de s’épanouir, et de la voir grandir et franchir les étapes sans avoir besoin de faire des pas de géants.

Le bonheur, je l’entends chanter par Félix Leclerc, je me le laisse raconter par Yvon Deschamps, je le lis dans les livres de Marie Laberge. Au fond, c’est un bien beau personnage.

dimanche 23 septembre 2007

Casse-tête

Je n’ai guère de temps pour écrire, et pourtant ce ne sont pas les idées qui manquent. Mais mes idées s’embrouillent à cause d’un mal de tête dont je n’arrive pas à me débarrasser depuis ce matin. D’habitude, les analgésiques font effet rapidement, mais là, rien n’y fait. J’ai pourtant bien dormi, malgré la journée d’hier qui n’a pas été très bonne.

Parce qu’elle a commencé sur une mauvaise note. Une discussion qui a mal tourné entre mon copain et moi. Ce genre de matinée où les ondes s’entrechoquent, où finalement nous aurions dû nous taire plutôt que d’argumenter sur un sujet banal alors que ni l’un ni l’autre ne possédait suffisamment de données pour appuyer ses affirmations.

Le choc des paroles prononcées et la peur de perdre, en quelques secondes, ce que nous avons construit ensemble depuis plusieurs années m’ont fait réfléchir sur la fragilité des relations amoureuses et sur l’importance du respect. À vrai dire, il m’est difficile d’évaluer actuellement si de telles discussions nous renforcent ou nous affaiblissent.

C’est peut-être ça, la lourdeur que je ressens dans ma tête actuellement. À observer et à écouter les gens autour de moi, je me rends compte que nous sommes tous extrêmement sévères et critiques envers les autres, mais que nous ne nous interrogeons pas suffisamment sur la force de nos convictions et la solidité de nos valeurs. Nous nous attardons à la forme, rarement au contenu. Nous évaluons les gens et les choses superficiellement, sans prendre le temps d’apprécier. Nous consommons exagérément, achetons et jetons sans nous soucier des conséquences. Les objets comme les gens.

Bon, finalement, mon mal de tête est tenace et j’ai envie d’écrire quelque chose sur le beau spectacle de Björk auquel j’ai assisté vendredi dernier. Rendez-vous sur Sans parler.