lundi 9 juin 2008

Penser vite

La vie va très vite. Peu de temps pour écrire. Tout ce que je peux dire : bientôt un souper avec les copines, ça me fera du bien; bientôt plus de dodo toute seule dans mon grand lit, ça me fait un peu peur; bientôt fini le secondaire pour ma fille, j’aimerais bien célébrer avec elle.

Malgré tout, je pense à ceux que j’aime, j’apaise la colère des autres et je retiens la mienne. Mathieu Ricard a dit qu’exprimer sa colère était mauvais. Qu’il fallait la voir comme quelque chose d’extérieur à nous. Ne pas laisser le monstre s’agripper. Ne pas lui laisser de place pour grandir, pour se loger en nous; ne pas le nourrir. Les psy se sont trompés, ce sont les bouddhistes qui ont raison.

Aimez-vous les uns les autres. S’il n’y avait qu’une phrase à retenir parmi celles qu’on nous a enseignées dans les cours de religion, c’est bien celle-ci. Tout un contrat en soi. Dans notre beau monde où chacun cultive son ego et son égoïsme, pas facile de penser aux autres. Pas facile de penser tout court. La plupart des gens éprouvent beaucoup de difficulté à exprimer leur pensée clairement.

Il faudra que je prenne le temps de vous parler de la musique et des livres. Quelqu’un pourrait arrêter le temps ?

Je vais à New York avec mon chum pour la fin de semaine. Nous partons vendredi. Nous laissons derrière nous les boîtes qui étouffent dans nos logements, comme nous étouffons dans cette chaleur trop lourde. Il faudrait inventer les vêtements climatisés…

samedi 31 mai 2008

Douce brise

À mesure que les boîtes s’empilent un peu partout dans l’appartement, j’ai l’impression que c’est mon moral qui descend. Car je suis de celles qui, exceptionnellement, dépriment quand le beau temps arrive. Je n’ai jamais compris pourquoi, mais c’est un fait que je constate chaque printemps. Peut-être que le changement de rythme, qui passe de trépidant l’automne et l’hiver à plutôt calme le printemps et l’été, affecte ma capacité d’adaptation. Je suis faite pour la vie active. J’entends penser ceux qui croient que l’été est le moment idéal pour s’activer, justement. C’est vrai. Mais ce n’est pas l’activité physique qui me manque, c’est l’activité intellectuelle. Étudier, m’interroger, travailler, m’occuper l’esprit, c’est vital pour ma santé mentale. Et l’été, de ce côté du moins, je ralentis.

J’ai reçu les copies corrigées de mon texte lundi dernier. La qualité du français a été soulignée, c’est la remarque qui m’a fait le plus plaisir. Rédiger sur commande a été difficile pour moi. Mais j’ai appris énormément. Je comprends maintenant un peu mieux quelles sont les contraintes du travail de rédacteur. Il ne faut pas oublier qu’il y toujours un « chef » qui commande dans ce domaine, et que répondre à ses exigences doit être comparable à ce que j’ai vécu en tentant de satisfaire à celles de ce cours.

J’ai aussi trouvé difficile l’absence de contact avec les autres étudiants. Je ne sais pas trop sur quel sujet ils ont travaillé, quelles ont été les difficultés qu’ils ont rencontrées, quel résultat ils ont obtenu. Je pense que je vais écrire à la directrice du programme et lui mentionner cet aspect.

J’éprouve un drôle de sentiment face à mon travail ces temps-ci. Je crois que l’approche de la cinquantaine m’affecte un peu. J’ai vécu une grande remise en question à quarante ans, qui a d’ailleurs provoqué ma séparation. Je me demande si je ne devrais pas sacrifier un peu de confort et chercher un emploi plus valorisant, un plus grand défi. Ce n’est pas une décision facile à prendre. Et j’ai toujours cru qu’on arrive plutôt aisément à prendre les bonnes décisions. Lorsqu’il y a un doute, je me méfie toujours un peu et je préfère être prudente. Pas à pas. La réflexion est commencée. Je verrai bien quelles actions je devrai poser.

Mais je sens un vent de changement, c’est certain. Disons, une douce brise pour l’instant.

samedi 24 mai 2008

Liquide

Ce n’est pas de ne pas pouvoir manger pendant 48 heures qui est difficile. Ce qui est difficile, c’est d’avaler le laxatif qu’on nous impose deux fois plutôt qu’une. J’ai eu la nausée pendant deux jours. Le premier jour, j’ai réussi à avaler le substitut de repas autorisé. Le deuxième jour, j’ai jeté les boîtes qui restaient tellement j’étais dégoûtée. Bref, j’aimais mieux ne rien avaler que d’avaler ÇA! La diète liquide, ce n’est pas la joie.

L’examen s’est très bien déroulé et j’ai hâte d’avoir les résultats, ce qui ne saurait tarder. Je vais mieux, parce que j’ai modifié mon alimentation en suivant mon intuition. Et en mastiquant longuement mes aliments, je me sens très vite rassasiée et je digère beaucoup mieux. Je pense que j’ai ignoré les symptômes trop longtemps et mon corps m’a lancé un cri d’alarme. Désormais, je vais l’écouter, promis.

C’est la période où je m’ennuie le plus au travail. Le temps où tout ralentit et où on n’ose rien entreprendre parce que la période des vacances arrive et que tout le monde sait que tout doit attendre. Je serai, encore cette année, le substitut de nombreuses personnes, une, deux, trois, quatre à la fois… Mais je ne vais pas me stresser avec ça. Pas cette fois-ci.

En ce qui me concerne, à l’exception d’une petite fin de semaine à New York avec mon chum, je n’ai pas de projet. M’occuper du nouvel appartement sera ma priorité. Il faudra bien trouver une place pour chaque chose et sacrifier ce qui ne sert plus à rien. Et puis, explorer le nouvel environnement et essayer d’en tirer profit occupera le reste du temps. Nous trouverons bien quelques jours et un petit budget pour aller explorer un coin du Québec encore inconnu. Pas trop loin. L’essence coûte cher et le déménagement est une inévitable source de dépenses. L’argent liquide ne coule pas à flots…

Justement, j’essaie d’inculquer à ma fille quelques principes au sujet de la gestion de l’argent. Elle travaille assez régulièrement depuis l’été dernier, et tout ce qu’elle gagne semble fondre aussi vite que la crème glacée en juillet. Je lui ai parlé de budget, elle a rétorqué qu’elle n’avait pas de dépenses??? Ça veut dire quoi au juste? Je ne lâcherai pas. Elle devra, coûte que coûte, participer à l’élaboration de son budget 2008-2009 et faire preuve de bonne volonté si elle veut que la ministre des Finances (moi, en l’occurrence) continue à verser les subventions.

J’ai confiance. Ma fille en est à l’étape où émergent les vraies valeurs, et j’aime ce que je vois et ce que j’entends. Elle a l’esprit ouvert et nos discussions sont animées. Je m’efforce de profiter de ces instants où, même si ce n’est pas toujours le bon moment pour moi, elle partage ses préoccupations, m’interroge, me consulte, me force à réfléchir et à voir la vie sous un angle différent. Ce sont des moments précieux qui ne doivent plus m’échapper. J’espère qu’elle ne s’envolera pas trop vite du nid. La maison serait bien vide sans sa douce folie.

Je recevrai les copies corrigées de mon article la semaine prochaine. La secrétaire du département de l’Université m’en a gentiment avisée jeudi dernier. En prime, elle m’a révélé ma note finale : A-. Ce qui est excellent, compte tenu de la sévérité des juges. Je suis ravie. J’ai hâte de lire les commentaires des correctrices! En attendant, je me la coule douce.

mardi 13 mai 2008

Seule au monde



Il y a trois jours, j’étais seule au monde, au milieu de la mer. J’écoutais le vent. Parfois, le cri d’un oiseau venait troubler, à peine, ce silence dont je tentais de m’imprégner pour m’apaiser. Et le silence m’apaise. Regarder cette immensité qui s’offrait à moi, comme les bras ouverts d’un amant qui attend sa bien-aimée depuis des mois, me comblait totalement. J’étais en état de grâce. Voilà tout le bienfait que ce décor enchanteur me procure, chaque fois que je mets les pieds à Cuba.

Cayo Guillermo nous a charmés, mon copain et moi. Nous nous sentions comme deux nouveaux mariés, dans ce décor fleuri où l’abondante végétation témoigne de la grande force des plantes qui réussissent à survivre dans un environnement si sec. Pas une goutte de pluie durant ces sept jours – allons-nous nous en plaindre – où le soleil a brillé sans relâche et où le vent s’est fait suffisamment discret pour nous permettre d’apprivoiser la chaleur avant qu’elle n’arrive chez nous.
Bon, c’est ce que j’appelle des vacances. Oubliés les maux de ventre et le stress. Oubliées les boîtes qui s’accumulent dans mon appartement avant le déménagement. Oubliés le boulot et le souci que je me fais pour les autres, au point d’en arriver à m’oublier moi-même.

De retour, mis à part la préparation pour mon examen médical qui me demande de ne consommer que des liquides clairs pendant 48 heures, tout se passe très bien.

J’en conclus, peut-être un peu tôt mais on verra bien, que mes malaises sont dus au stress et à la surconsommation de produits laitiers. Dossier à suivre.

Pour le reste, c’est le train train quotidien qui prend le dessus. Me faire plaisir un peu plus souvent, sans culpabiliser, devrait faire partie de mes résolutions immédiates. Choisir des plaisirs qui ne nécessitent pas forcément de consommer quelque chose serait aussi une sage décision. Me remettre à la couture, par exemple. J’aurai probablement l’espace pour aménager un petit coin où ma fille et moi pourrons laisser libre cours à notre imagination… Elle apprendra au fil du temps que la confection est un acte de patience, qualité qu’elle doit sûrement posséder puisqu’elle travaille avec des enfants autistes depuis bientôt un an, même si, à la maison, elle n’en fait pas souvent montre.

Et la suite des vacances ne tardera pas. Alors je ferme les yeux pour revenir sur cette merveilleuse plage de sable chaud, seule au monde.



dimanche 27 avril 2008

Dans le doute

Parfois, la vie nous joue des tours. Nous fait des signes. Nous envoie des messages. Celui que j’ai reçu tout récemment m’a fait beaucoup réfléchir.

Je ne sais pas encore pourquoi, probablement à cause du stress que je me suis imposé ces derniers jours, j’ai souffert physiquement de symptômes qui m’ont poussée à m’inquiéter sérieusement.

Puis, à la suite d’une échographie, ma principale crainte s’est dissipée et a fait place à une remise en question de mon mode de vie. Je dois faire face à une grande difficulté de gérer le stress.

Il y a quelques jours, mes douleurs abdominales s’étaient intensifiées. J’ai cherché la cause probable sur Internet. Comme ma mère a souffert d’un cancer de l’ovaire, j’ai commencé par là. J’avais mal au côté droit, il y a tout de même un ovaire qui se cache quelque part dans cette région…

À mesure que je lisais les informations et les témoignages sur ce cancer qu’on qualifie de sournois et de silencieux – parce qu’en général, lorsqu’il est diagnostiqué il est passablement avancé – j’imaginais le pire. Je me voyais déjà annuler mon voyage à Cuba, annoncer la mauvaise nouvelle à ma famille, à mon chum, à ma fille, passer au bistouri, subir des traitements de chimiothérapie, perdre mes cheveux, mon emploi, ma vie… Je me voyais déjà morte.

Oui, je sais. C’est fou de penser comme ça et c’est très mauvais pour le moral. Mais c’est extrêmement efficace pour une prise de conscience. Une sérieuse prise de conscience.

J’ai arrêté de fumer il y a cinq ans, je m’entraîne depuis bientôt quatre ans, je visite mon médecin tous les ans, je suis en forme… et en santé. Bien sûr, ce malaise sera investigué jusqu’à qu’on démasque le coupable. Selon mon petit docteur intérieur, je crois souffrir du syndrome du colon irritable. La crise a été accentuée par le lourd stress que mon imaginaire a imposé à mon corps. Réduire ma consommation de café et de thé, me calmer, mieux manger, mastiquer (je prends déjà trois fois plus de temps pour manger et je m’en trouve admirablement mieux) et faire encore beaucoup d’exercice font partie des principales solutions que j’applique pour résoudre le problème. Et ça marche!

J’ai confié à ma fille, sans trop entrer dans les détails, que je m’inquiétais pour ma santé et que je remerciais le ciel chaque jour pour ce que la vie me donne. Elle est bien d’accord avec moi.

Mes recherches sur le cancer de l’ovaire m’ont fait réaliser que plusieurs types de cancer, dont celui-ci, sont méconnus et un peu ignorés. Pourtant, les personnes qui en souffrent et qui doivent affronter cette terrible maladie ont besoin d’être informées et soutenues. Je pense qu’il faut encourager la recherche et exiger l’implication de ministère de la Santé dans la prévention de cette terrible maladie.

samedi 12 avril 2008

Temps d'arrêt

Nous sommes à la mi-avril et je n’ai pas encore fait ma demande d’admission à l’université, tout simplement parce que je ne sais pas dans quel programme je veux m’inscrire. J’hésite. Et je réfléchis. J’ai demandé conseil à la directrice du certificat que je viens de terminer et à un de mes anciens professeurs. J’attends leurs commentaires.

Ne pas poursuivre, du moins pour le moment, libérerait du temps pour faire autre chose. Je pourrais m’inscrire à des ateliers de perfectionnement, offerts par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, ou à ceux de la Fédération du loisir littéraire, qui sont fort intéressants. Je pourrais aussi chercher des petits contrats de correction, pour prendre de l’expérience. Je pourrais… bien des choses.

Mais rien de tout cela ne sera fait avant septembre, de toute façon. Si je m’inscris à l’UQAM, ce sera pour quelques cours seulement, pas pour un autre certificat. Donc, c’est à suivre.

Là, je pense à notre voyage à Cuba en mai, à la fin de semaine à New York en juin et à mon déménagement en juillet. C’est bien assez.

Et j’ai ce malaise inexpliqué qui m’inquiète. Une petite douleur au côté droit qui persiste, mais qui heureusement s’atténue de jour en jour. J’ai vu un médecin en salle d’urgence et l’examen n’a rien révélé d’inquiétant. Il m’a toutefois recommandé de passer une échographie. J’ai rendez-vous dans dix jours, dans une clinique privée. Je n’attendrai pas trois mois et le coût de l’examen sera remboursé par mon assurance. Peut-être mon corps réagit-il à l’arrêt du Dépo Provera? Je ne sais pas encore si je suis ménopausée. Finalement, j’aurai peut-être mes règles dans quelques jours et tout rentrera dans l’ordre.

Le corps des femmes est bien compliqué!

samedi 5 avril 2008

Bonne nouvelle

Hier soir, l’enveloppe tant attendue était dans la boîte aux lettres. La veille, nous en avions parlé, ma fille et moi. Plusieurs de ses amis avaient déjà reçu leur réponse, nous savions que ça n’allait pas tarder. Ma fille n’était pas à la maison lorsque j’ai découvert l’enveloppe et c’est une chance que j’aie pu la rejoindre – un vendredi soir – alors qu’elle était chez son père. « Ouvre vite », s’est-elle écriée au bout du fil.

La lettre et toutes les informations contenues dans l’enveloppe ne font aucun doute : sa candidature est acceptée dans le programme de son choix ! Un pas de plus pour ma belle grande fille, dans la direction qu’elle a choisie depuis déjà quelques années. Nous verrons dans quelques mois si ce choix lui convient. J’ai confiance, mais je suis consciente qu’à son âge, rien n’est tout à fait fixé et qu’il y a une possibilité de changement de cap à tout moment. Pourvu que le bateau reste à flot, tout ira bien.

Hier soir aussi, j’ai soupé avec quelques collègues de travail, juste avant de nous rendre au salon mortuaire. Une autre collègue a perdu son père, et nous tenions à lui manifester notre sympathie. Elle fut très touchée de notre visite, et c’est en larmes qu’elle a embrassé chacun de nous. Je savais qu’elle aurait une telle réaction, j’en avais parlé pendant le souper car certaines d’entre nous craignaient de ne pas savoir comment réagir dans une telle situation. Personnellement, je me sens très à l’aise avec ces émotions. Elles sont naturelles et tout à fait légitimes. Perdre un parent nous met en situation de privation, de quasi abandon. L’amour et la sympathie de nos proches deviennent essentiels pour traverser cette épreuve.

J’ai fait une petite promenade à pied, pour constater comme tout le monde que la neige fond, que les enfants ont déjà enlevé leur manteau et, comme des jeunes loups, guettent leurs semblables qui font des mauvais coups dans les rues. Un petit groupe lançait des balles de neige sur les voitures, pendant que les plus vieux faisaient crisser leurs pneus sur la chaussée en décomposition. Je n’ai jamais vu les rues dans un tel état. D’énormes cratères partout, souvent impossibles à éviter.

Malgré ce printemps et ce soleil radieux, beaucoup d’entre nous souffrent de cette fatigue qui nous colle à la peau, comme un vieille couche de peinture qu’il faudra gratter et éliminer. Je suis, moi aussi, un peu fatiguée. Il faut que l’énergie revienne. J’en aurai besoin dans les prochains jours. Toutes ces choses à emballer…