mercredi 13 août 2008

Idées mixées

J’écris si peu souvent que les mots se bousculent sur la page, aussi incohérents que mes pensées et mes gestes ces jours-ci. Je verse du jus d’orange dans mon café, je fais couler le café dans le bol qui sert habituellement à recueillir l’eau qui s’échappe inévitablement de la cafetière. Quel gaspillage!

Heureusement, je n’ai pas encore bu d’eau de Javel et j’ai un ange gardien qui m’empêche d’arriver face à face avec un camion dans une rue à sens unique. Si je suis si distraite, c’est que mes pensées vont trop vite dans ma tête et que les gestes n’arrivent pas à suivre.

Aujourd’hui, je suis allée au cégep cueillir le matériel dont ma fille aura besoin pour commencer l’année scolaire. Un sac un peu lourd, certes, mais dont le contenu vaut tout de même 400 dollars! Ouf! Heureusement que j’économise depuis quelques années pour ses études… Sur le chemin du retour, je me disais qu’elle avait vraiment de la chance. Elle baignera dans un univers de création dans lequel j’aimerais bien plonger moi aussi. À la radio, une interview de Jeannie Longo-Ciprelli. Ses paroles viennent percuter mes pensées sur l’avenir et sur la persévérance dont devra faire preuve ma fille pour réussir cette nouvelle étape dans sa vie : « Vous savez, aujourd’hui, on pousse les jeunes pour qu’ils aillent toujours plus vite. Pourtant, ils ont tout leur temps. La vie, c’est long… »
Quelle sagesse!

Hier soir, souper avec les membres du club des « vielles sacoches », telles que nous a baptisées notre ami d’enfance, le « gars de la gang », rencontré par hasard pendant que nous nous baladions dans notre ancien quartier. Cette fois-ci, nous étions six, et certaines souhaitent que le cercle s’agrandisse. Nous n’avons pas parlé des Jeux olympiques et juste assez des émeutes à Montréal-Nord, qui nous ont rappelé celles qui avaient eu lieu à Ste-Thérèse, il y a plus de quarante ans, alors qu’un policier avait tiré sur un jeune garçon de quinze ans… Nous avions manifesté, nous aussi.

La soirée est passée trop vite. Nous projetons organiser une fin de semaine de filles, quelque part dans une auberge, pour nous donner le temps de papoter un peu plus, sans nous presser. Le voyage dans le Sud n’est pas loin…

Mais le plus grand plaisir, c’est cette complicité retrouvée et ce bonheur d’être ensemble un peu plus souvent. Ça nous console du mauvais temps…
Ah! j'oubliais. J'ai reçu mon diplôme. Il va falloir fêter ça!

mercredi 30 juillet 2008

Lumineux

Je m’étais bien préparée en écoutant leur dernier album depuis sa sortie en juin, pour ensuite passer en revue les trois albums précédents. J’assistais donc au spectacle du groupe Coldplay, hier soir au Centre Bell, avec la certitude de passer un beau moment. D’autant plus que ma belle grande fille m’accompagnait. Nous n’avons pas été déçues.

L’atmosphère était brûlante et les quatre musiciens sur scène, entourés d’une équipe technique impressionnante, propulsaient leur musique devant les spectateurs éblouis. Rayons lasers, écran géant, pluie de confettis multicolores et lanternes où sont projetées des images du spectacle constituaient le parfait décor pour appuyer une des meilleures performances musicales à laquelle j’ai assisté depuis bien des années. Et les cris du public, d’une intensité surprenante, ajoutaient à l’euphorie générale. Un vrai show!

Chris Martin, le chanteur du groupe, n’a pas été avare de blagues et de commentaires tout au long de la soirée. Le contact intime avec le public – le chanteur et son groupe ne se gênent pas pour se déplacer et s’approcher des gens – assurait la réussite de ce spectacle : le public a été conquis.

Aujourd’hui, les briquets allumés comme autant de petites étoiles dans la foule sont remplacés par les téléphones cellulaires. J’aurais bien aimé en avoir un sur moi pour permettre à mon copain, resté à la maison, de profiter un peu du spectacle « en direct ».

La soirée avait débuté avec une petite inquiétude au sujet du sac à main perdu de ma fille, sac qu’elle avait négligemment abandonné dans un parc. Un bon Samaritain l’a ramassé. Ne trouvant pas de numéro de téléphone où rejoindre ma fille, il a passé un coup de fil au numéro prélevé sur la carte d’abonnement au centre sportif de ma fille. Le jeune homme qui a reçu l’appel, un peu étonné qu’un inconnu demande les coordonnées de ma fille, nous a transmis le message. Quand j’ai finalement réussi à rejoindre l’honnête homme, il avait choisi de remettre le sac à un policier. Sans savoir à qui nous adresser réellement, nous avons fait le tour de quelques postes de police, sans succès. C’est en rentrant chez moi hier soir que j’ai reçu l’heureuse nouvelle : le sac à main avait été retourné au centre sportif et nous y attendait.

J’ai rappelé à ma fille qu’un ange gardien veillait sur elle. Retrouver ainsi le précieux contenu de son sac à main intact est une chance inouïe. J’en suis encore tout étonnée. Bref, nous avons bien dormi et nous dormirons encore mieux ce soir.

Merci aux anges gardiens, merci aussi à tous les honnêtes gens qui pensent aux autres et qui posent de tels gestes, d’une grande générosité.

jeudi 24 juillet 2008

Grisaille

En ce triste mois de juillet pluvieux, je compatis avec mes collègues qui sont partis en vacances, alors que moi je joue le rôle de la pieuvre. Trois boîtes de réception de courriels à vérifier, un peu des tâches de trois ou quatre personnes en vacances, c’est mon karma depuis de nombreuses années. J’ai l’habitude. Le stress que je m’imposais au tout début s’est atténué petit à petit. Aujourd’hui, je suis un peu plus zen.

La massothérapeute l’a constaté hier; j’étais plus détendue. Je me suis presque endormie sur la table de massage, me laissant aller à une douce euphorie à mesure que ses mouvements fluides dispersaient les picotements que je ressens aux mains et aux pieds depuis quelques jours. Je suis engourdie. Mais cette nuit, sûrement grâce à ce massage, j’ai dormi sans ressentir ce curieux malaise qui parfois me réveille. Depuis le déménagement, allez savoir pourquoi, ce symptôme est apparu. Je ne courrai pas chez le médecin. Je vais laisser mon corps se rétablir, comme il l’a fait la dernière fois. D’ailleurs, les résultats de mes derniers examens n’ont rien révélé d’anormal. Pourquoi perdre du temps et m’inquiéter inutilement? (Mais avouons que ça m’inquiète un peu, tout de même.)

Comme c’est bien tranquille au bureau et que le retour à la maison est plus rapide en cette période de vacances estivales, le poids du travail pèse moins lourd sur mes épaules. La vie à deux, je l’ai déjà dit, nous simplifie tout et c’est tant mieux. Mon copain est heureux et ça me rend heureuse. Nous nous moquons un peu du jeune neveu du proprio qui accomplit gauchement les travaux que son oncle lui confie. Il arrive toujours comme un cheveu sur la soupe, mal préparé, et repart sans avoir terminé le travail, pour revenir quelques jours plus tard avec l’air d’avoir oublié pourquoi il est venu. Bref, ce ne sera pas facile, mais c’est drôlement rigolo.

L’implication de ma fille dans son travail m’émeut. Plusieurs de ses amis ont été engagés pour ce deuxième volet du camp de jour, dont une amie d’enfance qui présentait des aptitudes certaines avec les autistes. Plus j’entends parler de ces enfants, plus je constate que le secret de cette maladie tarde à se révéler et que je n’arriverai probablement jamais à la comprendre. On s’occupe beaucoup des enfants, mais les adultes, que deviennent-ils? Avec raison, ma fille se pose la même question.

Espérons que le soleil reviendra. Il me semble que nous en avons tous bien besoin.

samedi 12 juillet 2008

Arriver à ses fins

Aujourd’hui, j’ai fait une balade en vélo dans mon nouveau quartier. En, fait c’est un quartier que je connais bien puisque je l’ai habité il y a quelques années, avant la naissance de ma fille et jusqu’à ce qu’elle ait atteint l’âge de trois ans. Le quartier a changé un peu, mais il demeure toujours chargé de cette ambiance tranquille où chacun vaque à ses occupations. Le jardinage y est très populaire et les terrains sont fleuris. J’ai bien hâte de m’occuper, à mon tour, d’un petit coin de terrain à aménager. Il y a beaucoup à faire. Mais avant, je dois mieux connaître les voisins. Le respect du territoire est important pour moi. Je ne veux pas empiéter sur celui de quelqu’un d’autre. Toutefois, à première vue, il y a une place pour moi, c’est certain.

Le nouveau propriétaire – l’immeuble a été vendu récemment – n’est pas repassé depuis sa dernière visite. Le premier contact a été satisfaisant. Il y a quelques réparations à faire, nous lui avons remis une liste des travaux que nous considérons importants. Petit à petit, notre nouveau nid devient de plus en plus confortable. Il finira bien par nous ressembler. Disons, un fouillis suffisamment bien rangé pour ne pas trop déranger.

J’ai bien hâte que ma fille vienne habiter avec nous. Pour l’instant, c’est plus pratique pour elle de demeurer chez son père, mais nous avons convenu qu’en septembre, elle passerait la majorité du temps ici. J’ai envie qu’elle s’installe. Sa présence bousculera nos habitudes de « vieux célibataires », ce qui nous fera le plus grand bien.

En attendant, nous pouvons célébrer la fin du secondaire. Elle a reçu son bulletin et tout indique que ces cinq années, où les difficultés se sont succédé, se concluent par une belle réussite. Finis les cours de mathématiques! La voilà heureuse et soulagée d’un poids suffisamment lourd, qu’elle a porté vaillamment sur ses petites épaules jusqu’au fil d’arrivée. J’avoue que mon cœur battait fort lorsque j’ai ouvert l’enveloppe qui contenait les résultats attendus. Je n’avais surtout pas envie de faire face à un échec et tout ce que ça implique. Bref, je suis heureuse moi aussi que cette étape soit terminée.

Terminées aussi les vacances pour moi, qui rentre au travail dès lundi. Je n’ai pas tellement profité de ce temps pour me reposer, mais je n’ai pas à me plaindre. Comme on dit, il faut ce qu’il faut. Et puis, l’été ne fait que commencer. Nous aurons bien des occasions d’en profiter.

mercredi 9 juillet 2008

Cent trente-deux vis et une vertu

Quarante-six goujons et cent trente-deux vis plus tard, le meuble trône enfin dans la chambre de ma fille. Et la vertu? La patience voyons ! Nous avons mis presque deux heures, mon copain et moi, pour assembler toutes les pièces du puzzle et nous sommes fiers du résultat! Depuis le temps que je promettais à ma fille de lui acheter… Mais il fallait avant tout se débarrasser d’unautre meuble, que ma sœur a finalement apporté avec elle lors du déménagement. Tant mieux, ça reste dans la famille. Il s’agissait d’un meuble antique dont j’hésitais à me débarrasser. Le voilà entre bonnes mains.


Après la pluie le beau temps! On nous annonçait une journée triste et pluvieuse, voilà que le soleil reprend du terrain. J’espère qu’il sera là demain, j’ai bien l’intention de sortir mon vélo.

La gentille Béo (Béo chez les Helvètes) m’a fait l’honneur de décerner un trophée Arte y Pico à mon blogue. Je l’en remercie sincèrement. À mon tour, je fais de même pour respecter les règles que j’énonce ici :

Le but premier de ce prix est d'élargir l'éventail des blogues de qualité et surtout de le diffuser au grand jour.

Quand vous êtes à votre tour « primé(es) », voici les règles à respecter:
-
1/ Vous devez choisir les blogues que vous estimez mériter ce prix pour leur créativité, conception, matériel intéressant et contribution à la communauté de bloggeurs, quelle que soit la langue,
-
2/ Chaque prix doit contenir le lien vers le blogue de son auteur pour être visité par tous,
-
3/ Chaque lauréat doit montrer son prix et remettre le nom et le lien vers le blogue qui lui a donné,
-
4/ Le lauréat doit montrer le lien de l'Art y Pico sur son blogue,
-
5/ Et afficher les règles.


Voici mes choix :

L’off mère indigne , parce que cette fille me fait crouler de rire et que son blogue prolonge le plaisir que j’ai eu à lire ses Chroniques.

Apologies inutiles et petites lubies sans façon, où l’Incrédule nous raconte en mots et en images des petits bouts de sa vie de femme dans un langage poétique souvent teinté d’humour. Et elle pose des énigmes, ça j’adore. Brillant!

Le passe mot de Venise , pour ses qualités d’écriture et sa passion pour la littérature québécoise. Une source d’inspiration que je promets de visiter plus souvent.

Le carnet du petit jour où Lou, désormais expatriée, poursuit sa route avec ce bel esprit qui la caractérise et qui fait d’elle une femme d’exception.

Ce sont mes choix. Je suis persuadée qu’il y a tant et tant à découvrir encore. Je célèbre avec toutes les blogueuses et blogueurs le plaisir d’écrire et de lire en toute liberté.

jeudi 3 juillet 2008

Nouvelle adresse

Dans mon nouvel environnement, du haut du deuxième étage où j’habite maintenant, la lumière entre par les fenêtres, qui sont nombreuses. Quel changement! Dire que j’ai vécu presque dix ans sans cette luminosité qui adoucit même les journées grises comme celle d’aujourd’hui. Le vent souffle et les branches des arbres se balancent à ma fenêtre, comme pour me saluer. Voilà, en bien peu de mots, la description de ce début de journée.

Ma deuxième semaine de vacances se termine déjà et j’avoue ne pas avoir vu la première passer. Le déménagement a été long. Nous avons, mon copain et moi, accumulé beaucoup d’objets, de meubles, de livres et de cossins, car nous vivions dans nos logements respectifs depuis quatorze ans pour lui et neuf ans pour moi. Ma fille, quant à elle, n’avait que quelques boîtes et une grosse valise qu’elle a transportée chez son père où elle passera probablement l’été, car elle travaille à Laval. Notre joyeuse équipe de déménageurs s’est acquittée de la tâche dans la bonne humeur et avec une grande efficacité.

Le lendemain, je recevais les nouveaux électroménagers qui complètent le réfrigérateur récemment acheté par mon copain. Nous voici entourés de quatre éléments tout neufs! La joie! Pas besoin de dire que j’ai fait plusieurs lessives pour « tester » la marchandise.

Nous terminerons la peinture probablement en fin de semaine. La semaine prochaine, nous serons tous les deux en vacances et nous souhaitons en profiter un peu. La vie, avec lui, est tout à fait agréable. Nous découvrons que le quotidien vécu à deux, au même endroit, est beaucoup plus simple et l’harmonie règne. C’est bon signe.

Un seul petit nuage gris à mon bonheur tout neuf. Ma fille, du haut de ses dix-sept ans, m’annonce qu’elle pense partager un appartement avec son copain dans très peu de temps. Décision totalement irréfléchie, à mon avis. J’espère qu’elle changera d’idée pour plusieurs raisons : elle n’a pas la capacité financière pour supporter une telle responsabilité; elle doit poursuivre ses études; elle n’a aucune certitude que le garçon en question, avec qui elle avait rompu pour de très bons motifs, soit suffisamment sérieux pour s’engager. Donc, pour moi c’est clair. Elle rêve d’autonomie, c’est tout à fait louable. Mais je préfère qu’elle s’envole quand ses ailes seront un peu plus solides.

Notre voyage à New York a été fort agréable. La formule « en liberté », pour laquelle nous avions optée, était tout à fait appropriée. Nous avons profité pleinement de ces quelques heures, encore une fois trop courtes, pour parcourir la ville particulièrement grouillante en cette période estivale. La pluie est venue un peu gâcher nos soirées, mais les journées étaient bien remplies. Nous y retournerons certainement.

J’ai placé tous les dictionnaires et livres de références sur une étagère, à portée de main. Il ne me reste plus qu’à chercher du travail en correction. J’ai quelques heures par semaine à y consacrer et je ne veux pas perdre la main. Dans ce domaine, comme dans d’autres, la pratique est un gage de réussite.

lundi 9 juin 2008

Penser vite

La vie va très vite. Peu de temps pour écrire. Tout ce que je peux dire : bientôt un souper avec les copines, ça me fera du bien; bientôt plus de dodo toute seule dans mon grand lit, ça me fait un peu peur; bientôt fini le secondaire pour ma fille, j’aimerais bien célébrer avec elle.

Malgré tout, je pense à ceux que j’aime, j’apaise la colère des autres et je retiens la mienne. Mathieu Ricard a dit qu’exprimer sa colère était mauvais. Qu’il fallait la voir comme quelque chose d’extérieur à nous. Ne pas laisser le monstre s’agripper. Ne pas lui laisser de place pour grandir, pour se loger en nous; ne pas le nourrir. Les psy se sont trompés, ce sont les bouddhistes qui ont raison.

Aimez-vous les uns les autres. S’il n’y avait qu’une phrase à retenir parmi celles qu’on nous a enseignées dans les cours de religion, c’est bien celle-ci. Tout un contrat en soi. Dans notre beau monde où chacun cultive son ego et son égoïsme, pas facile de penser aux autres. Pas facile de penser tout court. La plupart des gens éprouvent beaucoup de difficulté à exprimer leur pensée clairement.

Il faudra que je prenne le temps de vous parler de la musique et des livres. Quelqu’un pourrait arrêter le temps ?

Je vais à New York avec mon chum pour la fin de semaine. Nous partons vendredi. Nous laissons derrière nous les boîtes qui étouffent dans nos logements, comme nous étouffons dans cette chaleur trop lourde. Il faudrait inventer les vêtements climatisés…