samedi 8 mars 2008

Encore du blanc

Oui, oui, encore de la neige. Les rues rétrécissent, les montagnes de neige soufflée sur les terrains vont finir par faire disparaître les maisons. On aura bientôt l’impression de vivre dans un monde tout blanc, tout blanc.

Ce matin, cours de musculation assez intense. Le prof nous a fait suer, c’est le cas de le dire. Les encouragements qu’il scandait ont suffi à motiver le groupe suffisamment pour que personne n’abandonne avant la fin des exercices. « Belle endurance » répétait-il en augmentant la cadence. Je sens que mes muscles me feront souffrir demain.

Pas grave. Je suis en vacances. Je rencontre ma tutrice mercredi. Ça ne me laissera que deux jours de ces vacances pour travailler intensivement sur mon article. Pour corriger les problèmes de structure qu’elle m’a déjà signalés. Je sais que je n’ai pas l’esprit journalistique quand j’écris. Je n’arrive pas à penser à l’envers. D’ailleurs, quand je lis un article dans une revue ou un journal, je lis d’abord le chapeau (les premières lignes qui, en général, résument l’article) et ensuite je lis la fin. Si ces deux parties m’intéressent, je remonte au début. J’écris donc comme je lis. Je commence par la fin et ce n’est pas une très bonne idée à ce qu’on m’a dit.

Bon, heureusement, avec la fonction « copier-coller » du logiciel de traitement de texte il suffit de modifier l’ordre des paragraphes et le tour est joué. Néanmoins, je suis maintenant assez convaincue de ne pas avoir envie d’écrire sur commande, encore moins de le faire dans un cadre rigide qui exclut ma créativité. C’est pourquoi la grande liberté dont je jouis en écrivant ici et sur mon autre blogue me procure une grande satisfaction.

Puisqu’il faut terminer ce que j’ai commencé, je vais travailler sans relâche pour satisfaire les exigences du comité de lecture qui jugera de la qualité de mon travail. Je les connais toutes, ces dames à l’œil acéré et au crayon rouge assassin. Elles me font un peu peur, je l’avoue.

J’ai beaucoup à faire, mais je tenterai d’écrire ici un peu plus souvent. Parce que ça me fait le plus grand bien.

J’ai constaté que le service que j’utilise, pour aviser les quelques personnes qui y sont inscrites des mises à jour de ce site, ne fonctionne pas très bien. Ou pas du tout ? Bref, si vous souhaitez recevoir un avis de mise à jour, envoyez-moi votre adresse de courriel ici et je vous aviserai, c’est promis.

dimanche 2 mars 2008

Un peu de gris, un peu de bleu

La convalescence de mon patron s’est prolongée d’une semaine, chevauchant la semaine du départ en vacances d’une collègue. Je me suis donc retrouvée encore une fois avec de multiples tâches à accomplir et toujours que deux mains et une tête pour le faire. Mais heureusement, deux mains efficaces et un esprit clair. J’ai découvert les vertus du ginseng pour tuer le rhume (on dit souvent la grippe, à tort, car il s’agissait bien d’un petit rhume et non d’une vilaine grippe) qui tentait de m’assaillir il y a quelques semaines. Je me suis sentie tellement bien que j’ai décidé d’adopter ce supplément pendant l’hiver. Et je me sens mieux. Meilleure concentration surtout.

Je termine la première version de mon article. Je suppose que c’est normal de ne pas vouloir y toucher pendant un certain temps. Je l’enverrai donc à ma tutrice et j’attendrai patiemment ses commentaires. Je me connais, je ne résisterai pas longtemps à l’envie d’entrer en période de réécriture. Surtout que j’ai planifié mes vacances pour avoir le temps de le faire. Je ne veux pas traîner trop longtemps et je compte bien finir cet article quelques jours avant l’échéance. Je pense que je me sentirai soulagée. Je profiterai de ce précieux temps libre pour chercher un logement.

Terminer mon certificat me réjouit et m’attriste à la fois. Plusieurs cours au programme m’aurait intéressée. On ne peut pas les choisir tous. Je me demande si je peux m’inscrire quand même, en utilisant ces crédits pour compléter un autre certificat. Je m’informerai auprès de la directrice du département. Je verrai bien. Il y un autre programme qui m’intéresse dans une autre université, mais j’ai peur que ce soit redondant. Je ne veux pas perdre mon temps. Je verrai ça aussi.

Chose certaine, il faut que je demeure active. Depuis cinq ans, mon intellect est continuellement sollicité et je ne veux pas que ça s’arrête. J’ai besoin de cette stimulation. Elle me fait le plus grand bien.

Autour de moi les gens continuent à me décevoir. Je ne sais pas trop pourquoi. J’ai l’impression que les uns s’engouffrent dans des situations problématiques sans aucune volonté de s’en sortir, et continuent à se plaindre comme si c’était la faute des autres. D’autres retiennent leur souffle jusqu’à qu’ils trouvent l’occasion de cracher leur venin. Et font semblant d’être gentils et d’aimer tout le monde alors qu’ils sont mauvais et qu’ils jugent et condamnent cruellement. La situation sur la route est le reflet de ces comportements totalement dénoués de respect et empreints d’un égoïsme qui frôle l’irresponsabilité. Égoïsme tant prôné par les publicités qui encouragent tout le monde à ne penser qu’à soi. Moi Moi Moi et re-Moi. Ouf! Même un arrêt obligatoire à l’air de contrarier ces individus qui refusent de laisser un centimètre de place à l’autre. Faut-il toujours céder ?

Je pense que j’ai besoin de vacances…

Ma fille se remet de sa déception amoureuse. Elle a retrouvé ses amies et un rythme de vie plus actif. Elle change beaucoup, mais refuse de l’admettre. C’est peut-être sa façon à elle de se protéger. Mais je sais que ce garçon l’empêchait, d’une certaine manière, de s’épanouir. Je ne pourrai jamais la blâmer d’être une amoureuse sincère et passionné. D’ailleurs, le jeune homme continue de lui courir après et il finira peut-être bien par la rattraper. Son attachement pour lui sautait aux yeux, même s’il semblait contraire à toute logique. Aujourd’hui, elle regarde ailleurs. Plus loin. J’espère qu’elle ne reculera pas.

Mais de ça aussi je ne pourrais la blâmer. J’ai mis plusieurs années à me détacher complètement de celui qui fut mon premier amour. Nous avons joué au yo-yo jusqu’à ce que le fil finisse pas s’user totalement. Je pense que c’était une manière de souffrir un peu moins, mais je n’en suis pas totalement convaincue.

Hier soir, j’ai assisté à la projection d’un documentaire sur le voyage autour du monde d’une famille. Les quatre membres de l’équipage étaient présents. Raconter cinq années de navigation à bord d’un voilier en si peu de temps se résume, malheureusement, à quelques anecdotes et un itinéraire tracés sur une carte. La beauté des paysages, l’intensité des liens noués, les moments magiques vécus par les enfants ont été racontés et illustrés avec passion. J’étais ravie de rencontrer ces gens que j’avais déjà contactés pour mon article. Leur expérience est très inspirante. Vivre de longues journées en mer à naviguer au gré du vent semble apporter une grande paix intérieure et une confiance en la vie. C’est enviable non ?

lundi 18 février 2008

Chacun sa faute

Je me mords les lèvres pour ne pas éclater et cracher mon venin. Jour après jour, des écrivains haussent le ton pour dire au Québécois qu’ils ne parlent pas bien le français, ou qu’ils n’ont pas le droit d’apprendre l’anglais. Faudrait s’entendre non? Moi, je suis personnellement outrée. Ici, dans l’immeuble où j’habite, le concierge a écrit une note qui s’adresse aux locataires, dans laquelle il a malheureusement commis plusieurs fautes d’orthographe (pas d’autographe, comme dirait la ministre Courchesne). Un gentil locataire a gribouillé sur sa note un gros « LOI 101 », comme si la loi servait à sanctionner les fautes d’orthographe. Non mais ! Pincez-moi quelqu’un!

Mon œil de correctrice passablement indulgent envers les gens qui ne font pas le métier de rédacteur avait bien décelé ces erreurs orthographiques. Mais jamais je ne me serais permis de corriger ces fautes, par respect pour la personne qui a pris la peine de rédiger la note et dont le métier n’exige pas nécessairement de connaître la grammaire sur le bout des doigts. Parlant de doigts, je connais un garçon qui a déjà dit à son père qu’il se couperait les doigts si celui-ci l’obligeait à finir son secondaire. Le jeune homme voulait être camionneur et détestait l’école. Aujourd’hui, il a encore ses dix doigts parce que son père a compris que son fils avait un métier et qu’il n’avait pas envie de devenir écrivain… Mais ça, c’est une autre histoire.

Je n’aime pas Victor-Lévy Beaulieu parce que je le trouve prétentieux et qu’il agit comme un terroriste qui ne sait plus où donner de la bombe. Ses colères et ses coups de gueule ne m’impressionnent pas. J’ai honte pour lui. Quant à Sergio Kokis, qui hier a suggéré que Pauline Marois avait besoin de passer un test de français (qu’est-ce qu’ils ont tous à s’en prendre à elle tout à coup?) et qui a insinué que le français n’avait pas évolué au Québec, et bien je lui suggère de visionner quelques archives de Radio-Canada pour constater combien, dans les médias comme dans la rue, notre langue a évolué à mesure que nous avons eu accès à l’éducation. Et c’est bien là la clé de la porte que Monsieur Kokis n’a pas encore ouverte, celle de l’esprit (ouverture de l’esprit, tsé veux dire).

Et je termine en appuyant Madame Marois, que je respecte, lorsqu’elle suggère que l’enseignement de l’anglais au primaire devrait se faire par l’immersion, en fin de parcours. J’ajouterais qu’il devrait aussi demeurer un choix pour l’élève et non une obligation. Il y a quelques années, du haut de ses dix ans, ma fille a déclaré « l’anglais, c’est important pour mon avenir » et a choisi le programme intensif en anglais pour terminer son primaire. J’aurais préféré qu’elle choisisse les arts, mais je me suis pliée à sa décision. Cet avenir ne m’appartient pas, c’est le sien.

L’apprentissage et l’amélioration de la qualité du français passent par l’écriture, la lecture, la culture. Je ne pense pas que cet écrivain soit la bonne personne pour juger de l’ensemble des aptitudes de la population québécoise à bien parler sa langue. Cette langue, justement, c’est la nôtre. Ce qui veut dire qu’elle a le bleu du fleuve, le froid de l’hiver, le craquement du verglas… Elle chuinte, elle sile, elle crisse, elle grince, elle respire, elle vit. Et tout ce qui est vivant doit bouger. Ceux qui veulent rester sur place n’ont qu’à bien se tenir.

dimanche 3 février 2008

Voyagement

Plongée dans les récits de voyage des autres (pour mon travail universitaire), je pense au prochain voyage que je ferai : mon déménagement. Mon copain, déjà contacté par son propriétaire pour le renouvellement de son bail, m’interroge du regard comme pour se convaincre que notre décision est solide : nous allons vivre ensemble. Pour moi, il n’y a aucun doute que je quitterai cet appartement, où je ne peux plus supporter l’obscurité et le bruit : les pleurs des bébés presque toutes les nuits, les cris des parents qui s’engueulent dans une langue que j’ai le bonheur de ne pas comprendre et les pas des voisins d’en haut qui résonnent à l’heure du coucher. J’ai envie de silence, de lumière et de paix.

Je comprends son inquiétude. Nous avions convenu, depuis quelques années déjà, que vivre ensemble n’était pas nécessaire pour être unis. Et je le pense encore. Notre relation a mûri, et au fil des ans nous avons changé beaucoup. Et si nous sommes demeurés ensemble, c’est peut-être aussi parce que nous avons évité d’établir cette routine dès le départ. Aujourd’hui, je me dis que nous sommes suffisamment matures pour éviter les pièges de l’abrutissement. Nous sommes des êtres autonomes.

C’est cette même autonomie que je retrouve dans mes lectures, chez les enfants qui, avec leur famille, font le tour du monde. Ce sujet passionnant, que j’ai choisi de traiter dans un article que je produirai comme travail pour terminer mon certificat, n’a pas encore fini de m’étonner. Les voyageurs sont définitivement des êtres qui font preuve d’une ouverture d’esprit hors du commun. Et leurs enfants deviennent des adultes d’exception.

Bien sûr, tous les enfants n’ont pas la chance de faire le tour du monde. Ceux qui l’ont devraient se donner pour mission de partager avec les autres ce qu’ils ont appris et ce qu’ils retiennent de cette fabuleuse aventure. Au retour, certains adultes ont de la difficulté à s’adapter à « la vie normale ». Les enfants, eux, reprennent plus facilement là où ils ont laissé.

C’est dans cette capacité d’adaptation que nous devrons puiser, mon copain et moi, pour bien vivre ce changement que nous vivrons bientôt. À l’exemple de ma fille, qui n’a jamais rouspété au cours des nombreux déménagements de son père et qui ne m’a jamais reproché d’avoir gardé le même appartement pendant tant d’années. Entre les deux, elle a trouvé son équilibre. Bientôt, ce sera elle qui mettra les voiles.

dimanche 13 janvier 2008

Plonger dans une belle aventure

Je dois trouver un sujet pour la rédaction d’un article, dans le cadre du dernier cours qui me permettra de décrocher, enfin, mon certificat. Ces études entreprises il y a cinq ans m’ont apporté énormément. D’abord, la confiance en moi et en mes capacités, ensuite, une plus grande ouverture d’esprit et un meilleur jugement. J’ai toujours eu l’esprit critique. Aujourd’hui, je sais qu’on ne peut pas affirmer sans s’appuyer sur des arguments solides. Sinon, à quoi bon? En parlant de son père, Marie Laberge racontait que cet homme lui avait enseigné, justement, à ne jamais parler sans savoir. Je pense que c’est une belle leçon.

Ma fille doit, elle aussi, préparer un travail pour son cours de français. Elle a choisi le difficile sujet de la médiatisation des événements entourant les tueries dans les écoles. Elle a peur de ne pas être à la hauteur. Je l’encourage et lui suggère des pistes. Elle aussi, au fond, a besoin d’accumuler les réussites pour regagner la confiance en elle qu’elle a perdue un peu. Les déceptions amoureuses ont cette manie de nous faire sentir si petite. Et pourtant. Je prie aujourd’hui pour qu’elle rencontre un garçon digne de ses aspirations, qui saura l’aimer et la respecter.

Elle arrive petit à petit à surmonter sa peine. Les larmes et la colère ont dominé ces deux dernières semaines. Je suis un peu soulagée de passer le relais à son père. Lui, n’a pas ces excès de sensibilité qui me font souffrir et qui créent, malgré moi, des angoisses qui m’empoisonnent la vie. Je finirai bien par guérir. Je sais que je n’y arriverai pas seule. J’ai besoin de l’aide de ceux qui m’aiment.

Je dois donc me plonger dans un travail intense qui durera encore quelques mois. Au printemps, j’aurai terminé. Je m’accorderai une semaine de vacances pour me consacrer entièrement à cet article, que je souhaite terminer assez tôt. Pour avoir le temps de le laisser dormir quelques jours, et ensuite y revenir pour effectuer les dernières corrections. Je serai supervisée par un tuteur dont j’attends la confirmation – une chance exceptionnelle, a-t-on souligné au premier cours. Ce sera une belle aventure.

vendredi 4 janvier 2008

Casser

Quand j’étais adolescente, on employait le mot « casser » pour annoncer la rupture à son amoureux du moment. On cassait aussi souvent qu’on acceptait de « sortir » avec quelqu’un. Ces relations sans lendemain devenaient, en quelque sorte, un entraînement pour nos relations futures, cette fois-ci plus sérieuses.

La rupture que ma fille est en train de vivre, qu’elle soit définitive ou temporaire, me ramène à certaines expériences pénibles que j’ai vécues au cours de ma vie. Et à la voir ainsi, hésitante, ne sachant pas si elle doit réellement croire que c’est fini ou si elle doit encore espérer, je ne peux m’empêcher de me rappeler que pour moi aussi ça n’avait pas été facile, la première fois.

Aujourd’hui seulement, je sais que quand le moment est réellement venu, la rupture se fait plus facilement. Les déchirements sont, en quelque sorte, un signe que l’amour n’a pas dit son dernier mot. Malheureusement, pour que le lien tienne le coup, il faut une volonté commune. Pour l’instant, je ne sais pas si c’est le cas en ce qui concerne ma fille et son copain.

Il m’arrive parfois de me demander si je suis une mère « normale ». Je suis très attachée à ma fille – je suppose que c’est le cas de la majorité des mères – et je déteste la voir souffrir. Je m’efforce de l’encourager, je tente de l’aider à franchir les étapes, sans chercher à l’influencer dans ses décisions. J’essaie de faire de mon mieux pour atténuer sa peine.

Ma fille est introvertie et se confie rarement. Quelques mots ici et là me laissent entendre qu’elle réaffirme sa position. Elle s’entoure d’amis et sort beaucoup. Le tourbillon dans lequel elle est plongée depuis quelques jours m’étourdit un peu. Littéralement. Mes vertiges ont repris et leur intensité m’inquiète un peu.

Au travail, j’ai retrouvé un patron dont l’état de santé ne s’améliore pas. Il doit subir une opération dans quelques jours et sera absent pour trois semaines. Je devrai tenir la barre comme je l’ai fait à plusieurs reprises dans le passé. Ça ne m’inquiète pas vraiment. Ce qui m’inquiète, c’est lui. (Cesse donc te t’inquiéter pour les autres et pense un peu à toi!) Oui, je sais. Mais je suis en train d’assister à la transformation de cet être autrefois jovial et positif en quelqu’un d’anéanti qui n’a plus aucune envie d’être là. Une sorte de dépression majeure je suppose. Bon, c’est un homme fort, il finira bien par s’en sortir. Au fond, que puis-je faire de plus que de lui insuffler de temps en temps un peu de joie de vivre ?

Au fond, peut-être que ce qui fait de nous, les parents, des personnes différentes, c’est justement le fait que nous pensions plus aux autres qu’à nous-mêmes. Je revois ma mère sacrifier sa portion de viande pour l’ajouter à mon assiette, comme si c’était tout naturel pour elle de se priver alors que son petit oiseau ouvrait grand son bec. Cette image, comme tant d’autres, m’a frappée et m’a permis de comprendre à quel point une mère pouvait s’oublier pour son enfant.
Casser, c’est aussi se séparer de quelqu’un qu’on aime pour voler de ses propres ailes. La première séparation, je l’ai vécue en quittant la maison familiale. Je me souviens très bien des sentiments que j’ai éprouvés lorsque j’ai annoncé à ma mère que j’allais vivre en appartement. J’avais dix-huit ans.

Deux ans plus tard, c’est de mon copain, avec qui je vivais une relation amoureuse depuis quatre ans, que je me séparais. Le choc a été immense, mais nous nous sommes retrouvés quelques mois plus tard pour entreprendre un voyage. Un périple qui a duré un an. Une véritable épreuve pour un couple…

Quelques années ont passé et nous nous sommes séparés pour de bon. Ce fut un long processus qui m’a fait comprendre que je ne savais vraiment pas comment aimer. Je suis restée seule plusieurs années, jusqu’à ce que je rencontre le père de ma fille. La naissance de ma fille m’a plongée dans un tourbillon où je n’ai pas vu le temps passer. Si bien que lorsque je me suis retrouvée à quarante ans, j’ai réalisé que je ne pouvais plus continuer à m’oublier de la sorte. J’avais l’impression que j’allais disparaître.

Au cours de ma séparation, j’ai rencontré mon copain actuel avec qui j’ai entrepris une relation un peu compliquée à ses débuts. Pendant ces années, nous avons beaucoup changé et évolué. C’est le plus beau de cette histoire. Ces changements et cette évolution ne sont pas venus sans heurt. Il y eu, en cours de route, une rupture qui m’a particulièrement mise en état de choc. Cette fois-ci, j’ai plongé en moi-même pour mieux comprendre la souffrance démesurée que j’éprouvais. Ce journal, que j’écris depuis, m’a aidée énormément à reprendre contact avec moi-même.

Aujourd’hui, je suis moins dépendante de l’affection des autres et je souffre moins. Ce mieux-être n’a pas été gagné sans peine. Il me reste maintenant à guider ma fille dans sa vie d’adulte et à me détacher de ce bébé que j’ai vu grandir trop vite. J’y arriverai, comme pour le reste. Sans tout casser.

mercredi 2 janvier 2008

Du gris sur fond blanc

L’année 2008 s’est faufilée en douceur. Le tapis de neige duveteuse qui recouvre la ville a de quoi réjouir les amateurs de plein air. Cette dernière journée de vacances pour moi est passée trop vite.

Mon souper d’anniversaire a été mémorable. Ma fille et son copain ont tenu leur promesse : ils sont venus préparer le souper. Pour la première fois, je les ai vus comme un petit couple qui n’avait pas besoin de moi pour les aider pour faire la cuisine. C’était charmant. Pendant le repas, je regardais ma fille fixer un regard terriblement amoureux sur son copain qui a très bien joué son rôle de cuisinier pour l’occasion. Je me sentais comblée de la voir si heureuse. Le jeune homme nous a quittés après le repas, prétextant un rendez-vous avec sa grand-mère. Une fois la vaisselle terminée, ma fille s’est retirée dans sa chambre.

Tout est arrivé si vite que je n’ai pas compris tout de suite pourquoi elle frappait son clavier d’ordinateur, complètement en furie, pleurant et criant à la fois. C’est plus tard qu’elle a réussi à me dire que le courriel qu’elle venait de lire et qui l’a mise dans cet état lui révélait que son copain, qui venait tout juste de partir, entretenait une relation avec une autre fille.

Jamais je n’ai vu ma fille aussi désemparée. J’ai dû la retenir pour ne pas qu’elle sorte dans cet état, essayant de comprendre ce qui se passait tout en tentant désespérément de la calmer. Puis, les conversations téléphoniques se sont succédées, accentuant la force de la crise au lieu de la diminuer.

Ce triste événement a jeté un voile sombre sur cette soirée qui avait si bien commencé. Plus tard, ma fille est allée se réfugier chez des amis pour apaiser sa peine. Nul doute que je n’étais pas nécessairement la bonne personne, ce soir-là, pour la consoler, même si j’ai souhaité qu’elle reste avec nous, comme prévu, au lieu de s’en aller.

Le lendemain nous avons discuté. Ce premier amour représente beaucoup pour elle. Le jeune homme, quant à lui, a eu une vie fort difficile jusqu’ici et, de toute évidence, n’a pas atteint le même degré de maturité que celui de ma fille.

Ce sont ses valeurs à elle qui comptent. Et la fidélité en fait partie. Elle lui a déjà pardonné dans le passé, mais cette fois-ci, c’est la goutte qui a fait déborder le vase. Même si je ne peux prédire l’avenir, j’espère qu’elle maintiendra sa décision de ne plus le revoir, du moins pour un certain temps.

Il va sans dire que le nouvel an a été moins joyeux qu’il aurait dû être. J’espère que l’année 2008 effacera vite cette peine et que ma fille pourra tourner la page

Je retourne au travail demain. Je n’en ai pas envie, même si je sais que la routine prendra le dessus et m’aidera à effacer ces mauvais moments de ma mémoire.