dimanche 17 mai 2009

Rituel de départ

Nous n’avons pas été privés du rituel de départ, même si, en donnant sa démission il y a trois semaines, mon patron avait annoncé qu’il ne voulait pas de « célébration ». Au cours des vingt dernières années, j’ai vu beaucoup de gens partir. Mais rarement j’ai vécu un départ aussi déchirant. Je dois faire mon deuil, comme la plupart de mes collègues. Chacun à sa manière.

Ces derniers jours, j’ai senti que ma place allait changer au travail, et je suis persuadée que ça me fera le plus grand bien. Je me sens sereine et confiante. Je ne pense pas que ce départ, même s’il laisse un grand vide, sera déstabilisant. Mes collègues et moi cumulons suffisamment d’années d’expérience pour nous en sortir.

J’ai donc fait mes adieux « personnels » à mon patron, mon collègue, mon ami, mercredi dernier, même si je savais qu’il nous quittait vendredi. J’avais besoin de ces deux jours de « paix intérieure » pour le laisser partir doucement. J’avais besoin de prendre ce moment, où j’avais toute son attention, pour le remercier de la confiance qu’il m’avait accordée pendant toutes ces années. J’avais besoin de lui rappeler cette grande complicité qui caractérisait notre équipe. J’avais aussi besoin de lui témoigner mon admiration pour le travail qu’il a accompli et la force dont il a fait preuve pour traverser les nombreuses épreuves des dernières années.

Vendredi soir, il est parti. En larmes, il a fait son dernier tour de piste. Les quelques personnes qui n’avaient pas encore quitté la fête furent les seules à être témoin de ce grand moment d’émotion. Dans ses bras, je me suis sentie si légère lorsqu’il m’a soulevée spontanément. Le temps s’est arrêté pendant quelques secondes. Je pense que je lui ai dit que je l’aimais très fort. Puis il est disparu.

Un long silence a suivi. Assise à une table, devant celui qui sera désormais mon seul patron, celui qui reste, le capitaine du bateau depuis les débuts de cette aventure, j’ai réalisé que je devenais pour lui, en quelque sorte, quelqu’un qu’il ne verrait plus de la même façon. Nous sentions, lui et moi, qu’il fallait maintenant nous serrer les coudes et continuer.

Nous vieillissons tous. Pour certains, il reste moins d’années devant que derrière. Est-ce le temps de changer de cap? Pour moi, je ne crois pas. Bien au contraire. Les prochains jours seront intenses.

En milieu de semaine, j’ai assisté au défilé de la collection 2009 des finissants en design de mode du cégep Marie-Victorin, avec ma fille. Elle et moi avons bien apprécié le spectacle, malgré le rythme trop rapide du défilé. Elle a aussi observé, comme moi, le manque de finition de certains vêtements. Mais dans l’ensemble, c’était un spectacle très réussi.

Dans quelques années, ce sera son tour de voir défiler sa collection. J’en ai déjà la chair de poule…

5 commentaires:

Beo a dit...

Ouf! Que d'émotions dans ce départ!

Je me souviens qu'il n'était pas si présent ces dernières années et que tu cumulais allègrement les tâches pour que tout tourne rondement.

J'imagine que son départ-outre la perte de ce personnage important-, te donne une promotion significative?

Ophélie a dit...

Oui. Disons que dorénavant, il sera plus facile de me donner un titre plus significatif. Les tâches changeront peu, mais les responsabilités augmentent... Je suis capable :-)

Beo a dit...

Je n'ai aucuns soucis sur tes capacités!

Ce sera plus valorisant pour toi aussi. Et le salaire?

Ophélie a dit...

Oh!
Mon salaire a doublé! (Ce serait trop beau.
:-)
J'ai quand même un petit plus..., mais je vais négocier plus tard.

Beo a dit...

Ok! :)